La société américaine de biotechnologie AquaBounty a indiqué dans un communiqué vouloir commencer "dès que possible" l'élevage de son saumon transgénique à ses installations de Rollo Bay, dans la province de l'Ile-du-Prince-Edouard, dans l'est du Canada.

Contacté par l'AFP, le gouvernement canadien n'a pas répondu dans l'immédiat.

Cette pisciculture doit produire annuellement 250 tonnes de saumon génétiquement modifié à partir de la fin de 2020, en même temps qu'un autre site de l'entreprise dans l'Etat américain de l'Indiana.

"Le Canada devient ainsi le second pays au monde à autoriser la production industrielle d'un animal génétiquement modifié, juste après les Etats-Unis", a souligné dans un communiqué l'organisation écologiste Vigilance OGM.

Le saumon transgénique conçu par AquaBounty contient un gène d'hormone de croissance qui lui permet de grossir plus rapidement que les autres saumons.

Il peut atteindre sa taille adulte au bout de 16 à 18 mois, au lieu de 30 mois pour un saumon de l'Atlantique, dont il est issu et auquel a été greffé un gène de l'hormone de croissance du saumon quinnat du Pacifique (chinook).

Le Canada a autorisé ce saumon à la consommation en 2016, un an après les Etats-Unis, ce qui en a fait le premier animal génétiquement modifié à arriver dans les assiettes des consommateurs au Canada.

Les premiers saumons transgéniques vendus en magasin au Canada, sans étiquetage obligatoire, provenaient d'un petit d'élevage d'AquaBounty au Panama.

Avec la décision d'Ottawa d'autoriser la production, "davantage de Canadiens mangeront du saumon génétiquement modifié à leur insu", a dit Lucy Sharratt, de l'ONG Réseau canadien d'action sur les biotechnologies, dénonçant l'absence d'un étiquetage obligatoire.

L'Argentine, le Brésil et la Chine ont aussi autorisé, à titre expérimental, l'élevage de saumon transgénique, selon AquaBounty.