Lors d'un concert exceptionnel, donné dans une église Saint-Louis bondée, dans le cadre du festival international de poésie "Voix vives de Méditerranée en Méditerranée", la soprano a enchaîné avec énergie et brio les chants gospel et blues évoquant les esclaves et la lutte pour les droits civiques aux Etats-Unis. 

Aujourd'hui âgée de 69 ans, cette fille de pasteur qui fut elle-même victime de la ségrégation dans son Arkansas natal, a fait ses débuts en 1974 et s'est produite depuis sur les plus grandes scènes, notamment l'Opéra de Paris, le Metropolitan Opera de New York, Covent Garden à Londres et La Scala de Milan. 

Accompagnée vendredi soir par Mathias Algotsson au piano et à l'orgue Hammond ainsi que par les guitaristes Max Schutz et Ulf Englund, son époux, Barbara Hendricks a enchanté le public réuni par une chaleur caniculaire dans l'église emblématique du Vieux Sète, avec des interprétations éclatantes de "I believe", "Amazing grace" ou encore "I shall not be moved".

Mais cette citoyenne du monde engagée a donné un tour très actuel à ce répertoire en multipliant des allusions aussi bien à la politique de Donald Trump qu'à la situation des migrants et des réfugiés à travers le monde: "aujourd'hui on a plus que jamais besoin d'être vigilants pour les droits et pour la justice", a-t-elle assuré. 

L'artiste a rappelé qu'elle était ambassadrice du Haut commissariat aux réfugiés de l'ONU (UNHCR)depuis plusieurs décennies et a dit avec force que les femmes réfugiées qu'elle croisait étaient avant tout synonymes de "courage" et de "dignité".

Sur le même thème, elle a récité  des extraits d'un poème traduit en français de la Britannique d'origine somalienne Warsan Shire: "Personne ne quitte sa maison à moins que sa maison ne soit devenue la gueule d'un requin..." 

Et elle a abondamment cité Martin Luther King, très applaudie notamment lorsqu'elle a prononcé la citation: "ce qui m'effraie, ce n'est pas l'oppression des méchants, c'est l'indifférence des bons".