La SNCF se met en ordre de marche pour réaliser son futur « assistant personnel de mobilité », destiné à faciliter les déplacements du quotidien. Annoncée l'automne dernier par Guillaume Pepy, le patron du groupe public, cet appli pour smartphone doit devenir un véritable couteau suisse numérique. Elle proposera non seulement des calculs d'itinéraires (comme le fait déjà, par exemple, Citymapper), mais donnera également l'accès à différentes offres de mobilité, opérées par le groupe ou par d'autres entreprises : VTC, taxis, vélos en libre-service, parkings... Avec, à terme, un système de paiement unique, par le biais de l'application. De quoi simplifier grandement la vie des clients, qui doivent aujourd'hui jongler avec une demi-douzaine d'applis, voire plus, pour organiser leurs déplacements. Mais la SNCF doit se hâter pour réaliser son projet, car la concurrence est rude, et des mastodontes comme Apple, Google ou Uber veulent eux aussi se positionner comme agrégateurs et organisateurs des mobilités de demain.

Deux vitrines déjà bien installées

Pour s'imposer, le groupe public dispose de deux vitrines déjà bien installées : l'appli SNCF, consacrée à l'information voyageurs, a déjà été téléchargée 12 millions de fois, et compte 40 millions de visites par mois. Par ailleurs, la version mobile de Oui.sncf, le site de vente en ligne du groupe, s'appuie sur 17 millions de téléchargements.

Ces deux applis vont continuer à coexister, car elles n'ont pas le même usage : Oui.sncf est utilisé 5 fois par an en moyenne, pour acheter des billets de train ou de bus, là où l'appli SNCF renseigne sur les trajets du quotidien. C'est elle qui hébergera le futur assistant de mobilité.

En interne, en revanche, des ressources jusqu'ici dispersées entre différentes entités du groupe (TGV, Transilien, TER...) vont être regroupées dans un nouvel ensemble baptisé « e-voyageurs SNCF ». Il sera piloté par Alexandre Viros, arrivé il y a huit mois pour prendre la direction générale de Oui.sncf. Sur le plan technologique, le nouvel ensemble s'appuiera sur VSCT, l'usine digitale du groupe, qui compte 1.000 collaborateurs, 6.000 serveurs et 2 data centers. Par ailleurs, Keolis, la filiale dédiée aux transports urbains, sera représenté au comité de direction d'e-voyageurs SNCF.

En faisant converger leurs moyens, les patrons des entités concernées sortent de la logique de pré carré qui prévaut souvent dans les grands groupes, au nom de l'intérêt collectif. Cela doit permettre d'accélérer la mise en oeuvre de l'assistant personnel. Des nouveautés apparaîtront fin octobre sur l'appli SNCF, avec notamment une actualisation toutes les trente secondes des données sur l'état du trafic en Ile-de-France, y compris sur la partie RATP. Annoncés initialement pour la fin 2018, les premiers partenariats avec d'autres offres de mobilité devraient, eux, être présentés au printemps prochain.