L'année 2017 aura été encore meilleure que prévu. Tout au moins pour la croissance du pays. L'Insee a relevé mardi son estimation de la hausse du produit intérieur brut à 2,2 %. Pour mémoire, l'activité n'avait progressé que de 1,1 % en 2015 et 1,2 % en 2016. Les précédentes estimations de l'Insee pour 2017 étaient de 2 % en février, et 1,9 % en janvier. Il faut désormais remonter à 2007 pour retrouver un taux de croissance plus important, il avait alors atteint 2,4 % (comme en 2006). La révision en elle-même n'est pas une surprise puisqu'elle intègre des données plus récentes mais elle est un peu plus forte que d'habitude. En grande partie du fait de la très bonne tenue de l'investissement. « Les investissements dans le bâtiment, les travaux publics et les investissements en logiciels sont particulièrement élevés », note Ronan Mahieu, responsable du département des comptes nationaux à l'Insee. Les effets du pacte de responsabilité n'y sont pas étrangers, de même que les taux d'intérêt qui sont restés faibles en 2017. Si les investissements sont aussi soutenus, c'est aussi que les besoins en investissements sont importants dans l'Hexagone, soulignent les experts de l'Insee.

Déficit public inchangé

Autre indicateur révisé à la hausse : les exportations, notamment de services. « La contribution du commerce extérieur se redresse (+0,1 % après -0,5 %), ainsi que celle des variations de stocks (+0,2 point après -0,4) », note l'Insee. La consommation des ménages, en revanche, a ralenti en 2017 du fait d'un renchérissement des prix de l'énergie, notamment du pétrole. Par rapport à 2016, qui avait bénéficié de plusieurs facteurs conjoncturels (changement de standard de diffusion télévisuelle, mais aussi grand froid en période hivernale), l'année 2017 est en demi-teinte pour la consommation.

Le détail des comptes nationaux pour les différents trimestres de 2017 n'est pas encore disponible (il le sera le 30 mai). Il est donc encore trop tôt pour savoir si ce regain de croissance a été davantage tiré par le début ou la fin de l'année. De même, il est encore délicat pour les experts de l'Insee de tirer les conséquences de cette révision 2017 sur l'acquis de croissance de 2018, c'est-à-dire le niveau qu'atteindrait le PIB s'il stagnait d'ici à la fin de l'année. Fin juin, l'acquis de croissance pour 2018 est estimé à +1,6 %, selon les dernières prévisions de l'Insee.

Cette croissance, plus forte qu'attendu en 2017, ne s'est pas traduite toutefois par une amélioration du niveau du déficit public, qui reste inchangé à 2,6 % du PIB. Le ratio de dette publique par rapport au PIB a, en revanche, diminué de 0,2 point, à 96,8 %. Le taux des prélèvements obligatoires est revu à 45,3 % de PIB au lieu de 45,4 %, de même que le taux de dépenses publiques, à 53,8 % au lieu de 53,9 %.