Augmentant la pression d'un cran, le syndicat IATSE qui représente 60.000 travailleurs du spectacle, des cadreurs aux constructeurs de décor en passant par les costumiers et maquilleurs, a voté largement pour autoriser une grève dès lundi prochain si les négociations avec les sociétés de productions n'aboutissent pas, au moment où les deux parties négocient une nouvelle convention collective.

Malgré des mois de discussions, l'Alliance des producteurs de cinéma et de télévision (AMPTP) qui compte Disney, Warner ou encore Netflix, a ignoré les revendications réclamant des journées de travail plus courtes, des pauses plus longues et des augmentations pour les plus petits salaires des équipes de plateau, selon l'IATSE. 

"Sans date butoir, on peut continuer à discuter indéfiniment. Nos membres méritent que leurs besoins fondamentaux soient adressés dès aujourd'hui", a affirmé Matthew Loeb, président de l'IATSE, dans un communiqué. 

"Le rythme de négociations (des studios) ne reflète aucune urgence", a-t-il déploré. 

Alors que les studios de production de films et séries tentent de rattraper le retard causé par la pandémie et l'arrêt des tournages l'année dernière, l'IATSE exige notamment des amendes plus sévères pour les producteurs obligeant les équipes à travailler pendant leur pause-déjeuner. 

L'AMPTP, qui a indiqué à des médias américains avoir déjà fait des concessions sur les salaires, les retraites et la couverture santé, n'a pas répondu dans l'immédiat aux sollicitations de l'AFP. 

Le dernier mouvement social d'ampleur qu'Hollywood a connu était la grève des scénaristes qui avait paralysé l'audiovisuel américain en 2007-2008. Ce conflit de 100 jours avait provoqué un manque à gagner de deux milliards de dollars, selon des estimations indépendantes.

Les petites mains du cinéma n'ont pas posé leur caméra, pinceau ou accessoires depuis 1945, quand une grève de six mois avait dégénéré avec des affrontements violents devant les studios Warner Bros.