Le renvoi a été demandé à l'audience, devant la chambre de l'instruction, par la défense de M. Trabelsi qui souhaite un délai supplémentaire pour examiner de nouvelles pièces du dossier.

Par ailleurs, une autre demande d'extradition doit être examinée, dans un autre dossier, le 30 octobre, par la cour d'appel de Paris.

"Par souci de cohérence nous allons solliciter un rapatriement des procédures vers la cour d'Aix qui a été saisie la première", a plaidé Me Xavier Noreguas, l'un des défenseurs de M. Trabelsi.

L'avocate générale, Solange Legras s'est "étonnée de cette demande de renvoi tardive, trois jours avant l'audience". Mais "si jonction il devait y avoir, ce devrait être à Paris, lieu de domicile de M. Trabelsi", a-t-elle estimé.    

Les représentants de l'Etat Tunisien, Mohamed Nabil Naccache et Lassaad Bennour, ont vu dans cette demande de renvoi, "une stratégie dilatoire". "Je ne comprends pas la demande de jonction des dossiers et de rapatriement", a dit M. Bennour, affirmant leur "opposition" au renvoi.

En cavale depuis mai 2016 après avoir quitté le Canada où il s'était réfugié après la révolution tunisienne de janvier 2011, le frère de l'ex-première dame tunisienne Leila Trabelsi avait été arrêté mi-mars dans le sud de la France et mis en examen pour "blanchiment en bande organisée, recel, usage et complicité de faux documents administratifs ainsi que pour entrée irrégulière d'un étranger sur le territoire national".

Incarcéré aux Baumettes à Marseille, il avait obtenu le 28 mars sa mise en liberté. Mais en vain, le parquet général d'Aix-en-Provence lui ayant signifié le lendemain un mandat d'arrêt d'un juge d'instruction de Tunis lancé le 22 février 2017.

En mai, la cour d'appel d'Aix-en-Provence avait finalement ordonné sa mise en liberté et son placement sous contrôle judiciaire.

La demande d'extradition lancée par les autorités tunisiennes invoque des instructions en cours et une série de jugements par défaut, dont trois condamnations à dix ans de prison chacune, prononcées entre février 2017 et juin 2018 pour des délits financiers, trafic d'influence et blanchiment portant selon la justice tunisienne "sur des sommes colossales entre 1990 et 2011".