Cela fait plusieurs mois que des changements sont annoncés autour de la Mission French Tech. En mai dernier, soit cinq ans après son lancement, le secrétaire d'Etat au Numérique, Mounir Mahjoubi, affirmait qu'elle devait « accélérer », et « se restructurer », tout en balayant l'idée qu'elle pourrait se détacher de l'Etat. Kat Borlongan venait alors d'être nommée directrice de la structure. Six mois après sa prise de fonction, c'est d'un léger repositionnement dont la mission French Tech fait preuve, à travers la publication des appels à projets visant à trouver les acteurs qui assureront son déploiement national et international en 2019.

Ces derniers actent, tout d'abord, les changements de nom des labels French Tech, annoncés en octobre. En France, les villes motrices de la mission ne s'appelleront plus « métropoles », mais « capitales ». Alors que 13 villes sont actuellement labellisées, la French Tech ne devrait cependant en retenir que 10. Et surtout, la mission gouvernementale veut redonner la main aux acteurs principaux de l'écosystème.

Un nouveau fonds pour des projets ponctuels

Dans les appels à projet, on insiste ainsi particulièrement sur la présence d'entrepreneurs dans la gouvernance, indiquant qu'« un maximum de 25 % des sièges peut être attribué à des personnes de l'écosystème des start-up » n'étant pas fondateur ou dirigeant d'une jeune pousse. Même critère pour la constitution du board des communautés French Tech, qui englobent et mettent sur un pied d'égalité les actuels hubs French Tech à l'international, et les communautés situées sur le territoire national et dans le monde. Les postes rémunérés de coordinateurs de hub disparaissent eux aussi, signifiant que l'animation d'une « communauté » sera désormais bénévole. Les membres de la French Tech auront cependant accès à un nouveau fonds, qui devrait s'élever à 2 millions d'euros pour 2019, et servira à financer des projets ponctuels.

A l'heure où la guerre des talents fait rage dans la tech, et constitue, pour les entrepreneurs français, le premier obstacle à leur développement, la French Tech indique également se positionner sur le recrutement des profils internationaux. Alors que seulement 150 French Tech Visas ont été accordés à des talents étrangers venus travailler dans des start-up françaises depuis la création du dispositif, Kat Borlongan souhaite déployer très largement le dispositif, et vise « plusieurs milliers de recrutements » pour 2019. Une accélération qui passera notamment par une marge de manoeuvre plus large laissée à la French Tech : elle sera désormais libre de caractériser les « entreprises innovantes », critère qui conditionne l'accès au dispositif.