Une étude du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc) esquisse les premières conséquences de la crise de Covid-19 sur l'entrepreneuriat féminin.

Selon une étude du Crédoc de décembre 2020, la crise économique et sanitaire suite à la pandémie du Covid-19 en France que nous connaissons laisse entrevoir une dégradation de la situation des entrepreneuses, plus nombreuses que les hommes à avoir arrêté leur activité pendant le premier confinement et dont la situation financière a été particulièrement fragilisée.

Entrepreneures : une situation financière dégradée

Malgré la progression globale de la création d'entreprise et les dispositifs d'aide à la création d'entreprise qui leur sont dédiés, les femmes ne représentent que 40 % des créateurs d’entreprises en France aujourd'hui. Et contrairement aux idées reçues, la situation d’indépendante ne leur permet pas une meilleure conciliation vie privée/professionnelle, ni d’accéder à des rémunérations similaires à leurs homologues masculins ni à une plus grande palette de secteurs.

Si 60 % des hommes indépendants ont en effet un niveau de vie supérieur au niveau médian, ce taux plafonne à 32 % pour les indépendantes. De plus, avec la crise sanitaire du covid, 57 % des entrepreneuses déclarent que les revenus de leur foyer ont baissé contre 50 % des entrepreneurs, et seulement 30 % de la population globale.

Des indépendantes inquiètes et en retrait

La création d’entreprise est associée, dans une certaine mesure, à la prise de risque, notamment économique, qui implique d'avoir confiance en l'avenir. Or, 61 % des entrepreneuses se déclarent inquiètes des risques liés au coronavirus, contre 56 % de leurs homologues masculins.

Elles sont aussi plus vigilantes qu'eux sur les comportements de prévention, comme le port du masque dans les espaces publics (95 % versus 75 %). Cela a amené 26 % d’entre elles à réduire leurs sorties à moins d’une fois par semaine pendant le premier confinement en France, contre 23 % des indépendants.

En septembre 2020, hors confinement, elles étaient 54 % à réduire leurs sorties par rapport à l’époque pré-Covid19 contre 38 % des hommes.

Chiffre plus marquant encore, 63 % des indépendantes déclarent avoir cessé toute activité professionnelle pendant le premier confinement, un taux deux fois plus élevé que la moyenne des actifs et des hommes indépendants.

Durcissement de l’accès au crédit pour les entrepreneuses

Fait aggravant, les critères d’octroi des prêts aux entreprises et aux ménages se sont durcis depuis le début de la crise sanitaire lié au coronavirus en France, comme le confirme la Banque de France dans un communiqué de presse du 27 octobre 2020. Or, le recours au crédit et aux facilités de trésorerie est souvent déterminant dans la vie des petites structures.

Pour les indépendantes, qui souffraient déjà d'un accès moindre au crédit avant la crise et dont la situation financière s'est dégradée pendant la crise, cette évolution laisse craindre une fragilisation encore accrue.

Mais si la pandémie du covid a accentué les inégalités hommes-femmes dans l'entrepreneuriat, elle a aussi favorisé l'émergence d'initiatives en faveur des indépendantes, portées notamment par des réseaux de femmes entrepreneuses.