Trois ans après avoir donné vie à un texte autobiographique de Patrick Modiano au Théâtre Antoine à Paris, le trublion à l'inépuisable verve oratoire revient sur cette même scène pour un inventaire foutraque du "Panthéon des gens qu'il admire".

Celui qui s'apprête à jouer les maîtres de cérémonie du Festival de Cannes pour la quatrième fois, se met cette fois-ci dans la peau "d'un homme soudain frappé par la grâce" pour de nouvelles élucubrations dont il a le secret.

Scénariste, réalisateur et auteur de pièces de théâtre, Edouard Baer incarne un comédien pris de panique quelques instants avant une représentation, au point de s'enfuir de la salle où il doit jouer, se réfugiant au théâtre Antoine.

Hirsute, il débarque en manteau au milieu des spectateurs déjà installés, se confondant en excuses. Que va-t-il faire ? Surmonter ce moment d'égarement ou au contraire larguer les amarres, pour toujours ?

Avant de se décider, il se prend à se remémorer d'autres vies, celles des références littéraires de son enfance et de son adolescence, et qui l'ont marqué à vie, enrôlant au passage Guignol mais aussi Malraux dans son célèbre hommage à Jean Moulin.

En passant du coq à l'âne, son exercice préféré, Edouard Baer, élégant et fascinant funambule des mots, emporte les spectateurs dans sa douce folie, entre autodérision, légèreté et gravité, avec pour décor celui d'un café de quartier à l'heure de la fermeture.

Depuis 2002, Edouard Baer a joué et signé avec sa troupe plusieurs farces théâtrales dont "A la française", "Miam Miam", "Le Grand Mezze", "La Folle et véritable vie de Luigi Prizzoti" et "Looking for Mister Castang".

En 2017, il a réalisé son troisième long métrage, "Ouvert la nuit" dans lequel il campe Luigi, inspiré du fondateur de Radio Nova Jean-François Bizot, qui n'a que quelques heures pour sauver son théâtre, prétexte d'une traversée nocturne et loufoque de la capitale.