Alors que le Haut-Commissariat à la réforme des retraites réfléchit au meilleur moyen de retarder les départs à la retraite, les salariés du privé n'ont pas attendu ces incitations pour partir après l'âge légal. En 2018, l'âge moyen effectif a encore augmenté de deux mois et demi, à 62 ans et 8 mois, selon les dernières statistiques de l'Assurance-vieillesse. Les femmes, qui doivent prolonger leur activité en raison de carrières heurtées, partent désormais à 63 ans. Si l'on ne compte pas les 152.000 assurés bénéficiant d'un départ anticipé pour carrière longue ou handicap, l'âge moyen du départ à la retraite a même dépassé 63 ans depuis 2014.

Les bénéficiaires de ces départs anticipés eux-mêmes se sont adaptés à la nouvelle donne, et ne partent quasiment plus avant 60 ans. Ces données relativisent l'impact du bonus-malus de l'Agirc-Arrco entré en vigueur en janvier, qui pousse les salariés à partir un an après l'âge du taux plein. Elles tombent aussi au moment où les partenaires sociaux étudient avec le Haut-Commissariat le sort des « catégories actives ». Ces salariés des régimes spéciaux (aides-soignants, policiers, cheminots, etc.) peuvent partir à 52 ou 57 ans. Ce droit au départ anticipé pourrait être transposé in extenso dans le futur régime universel par points.