En France, le droit à la déconnexion est inscrit dans le Code du travail depuis 2016. Il donne le droit à tout salarié de ne pas devoir être en permanence joignable par son entreprise, sur son temps de repos, qu’il soit en télétravail ou non. L’hyperconnectivité des salariés est un problème qui revient sur le devant de la scène avec le recours accru au télétravail. Qu’est-ce que la détox digitale et comment se prémunir des risques de la connectivité exacerbée ? Comment inscrire de bonnes pratiques de déconnexion dans sa politique RSE (responsabilité sociétale des entreprises) ?  

Hyperconnexion : de quoi parle-t-on ?

Répondre à un message dès réception, trier ses emails en réunion, regarder son téléphone portable toutes les 2 minutes… L’hyperconnectivité est exacerbée dans le monde du travail. D’autant plus en télétravail ! Depuis un an, la frontière entre temps de travail et temps de repos peut être de plus en plus ténue et il peut être difficile de lâcher son téléphone ou son ordinateur professionnel le soir, le week-end voire pendant les vacances ou un congé maladie.

78 % des cadres consultent leurs messages professionnels pendant leur temps libre dans leur vie privée. Cela peut être particulièrement vrai aussi pour les entrepreneurs et les indépendants, qui partagent souvent les mêmes équipements numériques pour leurs usages personnels et professionnels. 

Pourtant, contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, l’hyperconnectivité n’est pas synonyme de productivité, bien au contraire. Les interruptions constantes feraient baisser la productivité jusqu’à 28 %, car les taches interrompues ne sont pas immédiatement reprises. Mais la consultation permanente de ses mails, textos ou notifications présente aussi d’autres risques pour les salariés.

Les risques de l’hyperconnectivité

De la fatigue au burn-out, il est important de faire des pauses, sans travailler et sans écran.

-    Perte de concentration : en 2019, le temps d’attention moyen face à un contenu était de 8 secondes. Ce chiffre, qui était de 12 secondes en 2000 est en baisse constante. Principale cause : la surcharge numérique, qui déstabilise la capacité d’écoute et donc, entraîne une perte d’attention.

-    Baisse de la capacité d’analyse et de réflexion : les interruptions constantes qu’elles soient le fait de notifications ou d’échanges professionnels démultipliés nous forcent à penser en permanence à plusieurs choses à la foi et donc, à réduire notre capacité d’analyse et de réflexion approfondie sur un seul sujet pendant un temps long.

-    Maux physiques : yeux qui piquent, éblouissement, mal de tête… l’exposition permanente à des écrans, conséquence de l’hyperconnectivité et du tout digital peut être source de problèmes de santé… jusqu’aux moins courants : la « textonite » est le terme utilisé pour décrire les tendinites au pouce, conséquence d’un usage frénétique du smartphone.

-    Burn-out : à long terme, la fatigue, la surcharge d’information, la mauvaise gestion du temps et la culpabilité qui peuvent en découdre peuvent avoir des conséquences sur la santé du salarié, jusqu’au burn-out ou épuisement professionnel.

Une connexion raisonnée pour éviter l’hyperconnectivité

Que faire alors pour garantir un bon équilibre entre temps de travail et temps de repos ?
-    Réduire les distractions digitales : réduisez le nombre d’applications autorisées à vous envoyer des notifications et désabonnez-vous des newsletters qui remplissent vos boîtes mail. Réduisez également vos canaux de communication professionnels au strict minimum : Teams, Zoom, Skype... une seule application suffit ! Vous réduirez ainsi les sollicitations provenant de différentes sources et vous perdrez moins de temps à retrouver les informations que l’on vous a envoyées.  

-    Le soir et le week-end, éteignez vos appareils professionnels et réduisez au maximum l’exposition aux écrans : reposez vos yeux et votre esprit.

-    En vacances, n’emportez pas vos ordinateurs et téléphones professionnels, afin de profiter d’un vrai moment de détox digitale. Et surtout, ne culpabilisez pas. Cela ne sera que bénéfique pour votre productivité et pour votre santé !