Ces marchés se tiennent avant la nouvelle année lunaire, la date la plus importante du calendrier chinois, que des centaines de millions de personnes célèbreront à partir de samedi pour entrer dans l'année du Rat. 

Les habitants de la mégapole se pressent dans ces marchés pour acheter des fleurs, des fruits et tout un tas de cadeaux traditionnels à offrir à cette occasion.

Jusqu'à présent, les partis politiques de tous bords y tenaient des stands pour recueillir des fonds et sensibiliser la population à leur cause, vendant des affiches ou des produits satiriques sur leurs opposants.

Mais cette année, après plus de sept mois de contestation, l'exécutif local a interdit l'installation de ces stands dans les quinze marchés officiels de la mégapole.

En réponse, près d'une dizaine de marchés indépendants ont vu le jour à travers le territoire, proposant des marchandises pleines de références au mouvement pro-démocratie.

"Empêcher (la tenue de ces marchés) est l'une des mesures prises par le gouvernement pour punir les partisans non-violents des manifestations", observe Tam Kwok-sun, 64 ans, qui réalise des impressions sur des supports au  marché de Centre Street, dans le quartier de Sai Ying Pun sur l'île de Hong Kong.

Certains de ces marchés indépendants ont rencontré des difficultés pour trouver des lieux acceptant de les accueillir alors que d'autres ont été contraints de renoncer.

"Ils ont rejeté notre demande après la première réunion du conseil( de district) nouvellement élu", a expliqué Camille Yam, membre du camp pro-démocratie qui a remporté une écrasante victoire lors du scrutin local à la mi-novembre.

Un marché qui devait se tenir dans des logements sociaux du quartier de Kwan Chung a été annulé par l'autorité locale chargée du logement trois jours avant son ouverture, a expliqué à l'AFP Janis Fan qui fait partie des organisateurs.

Cette décision est intervenue après que des conseillers de district pro-Pékin, ayant perdu leur siège en novembre, ont reproché aux organisateurs d'avoir "promu des idéologies politiques fortes au sein des communautés". 

"Le lendemain du jour où nous avons été montrés du doigt et critiqués, l'autorité a retiré ses autorisations", selon Mme Fan. L'autorité n'a pas répondu aux demandes pour un commentaire.

Dans le quartier de Whampoa, un autre marché a du se réfugier dans un restaurant après le refus des responsables locaux de le laisser s'installer sur un terrain public. Pour Jessica, propriétaire d'un stand, "c'est de la répression politique".