Les îles de Lesbos, Samos et Chios observent une grève générale, avec fermeture des services publics, et des manifestations de rue sont prévues dans la journée. Le slogan principal de cette journée d'action est: "nous voulons récupérer nos îles, nous voulons récupérer nos vies".

Ces trois îles accueillent les camps de migrants les plus importants. Au total, les camps des cinq îles de la mer Egée accueillent plus de 40.000 migrants et réfugiés  pour une capacité de 6.300 places dans des conditions critiquées par les défenseurs des droits de l'homme et les organisations caritatives.

Le principal de ces camps, celui de Moria sur l'île de Lesbos, accueille dans des conditions insalubres plus de 19.000 demandeurs d'asile pour une capacité de 2.840 personnes.

En novembre, le gouvernement a annoncé une réforme avec la création de nouveaux camps de plus de 5.000 personnes sur les cinq îles de la mer Egée (Lesbos, Chios, Samos, Kos et Leros). Mais les responsables locaux s'y sont fermement opposés, exigeant des installations avec une capacité limitée à 1.000 personnes, après avoir accueilli des milliers de personnes depuis cinq ans.

La Grèce, déjà en première ligne lors de la crise migratoire de 2015 --année durant laquelle le pays a accueilli plus de 850.000 personnes--, a rompu l'an dernier avec l'accalmie migratoire en redevenant la première porte d'entrée en Europe.

Le Haut commissariat aux réfugiés de l'ONU a comptabilisé en 2019 pour la Grèce plus de 55.000 arrivées par mer et plus de 14.000 par voie de terre principalement via la frontière terrestre avec la Turquie. Une fraction seulement parvient à gagner le continent, la plupart attendant dans des camps l'examen de leur demande d'asile.

Le pays vient de rétablir en janvier un ministère des Migrations et a nommé Notis Mitarakis nouveau ministre en charge de ces questions.