A l'issue d'une réunion organisée à Bercy avec des organisations patronales, des fédérations de commerçants et d'artisans, d'assureurs et de banques, d'hôteliers et de restaurateurs, le gouvernement promet de restaurer la liberté de commercer et de circuler, alors que de nombreux commerces se plaignent d'un important manque à gagner, voire de pertes liées aux casseurs.

"Nous allons faire en sorte, avec Christophe Castaner, le ministre de l'Intérieur, que cette liberté soit garantie sur le pays pour permettre à l'activité économique de poursuivre son cours", a souligné M. Le Maire.

L'accès aux magasins et aux entrepôts avait notamment été réclamé avant la réunion par Jacques Creyssel, le délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), qui a cité le Midi, la Normandie et l'Est comme autant de zones très compliquées.

Le ministre a détaillé l'impact de ce mouvement sur le commerce.

"Dans la grande distribution, la perte de chiffre d'affaires a été de 35% le samedi 17 novembre et de 18% le samedi 24 novembre. Dans la semaine, elle s'est échelonnée entre 8% et 15%", a-t-il dit.

"Les baisses de chiffre d'affaires peuvent atteindre 60% à 70% pour certains artisans bouchers, coiffeurs ou boulangers", tandis que les pertes pour les marchés de gros sont évaluées à entre 30% et 40%, a encore dit Bruno Le Maire après avoir rencontré les représentants des organisations professionnelles affectées par le mouvement, ainsi que ceux de la banque et de l'assurance.

Au delà des commerçants, d'autres professions se disent également touchées.

"On a un certain nombre de collègues qui sont pénalisés par le mouvement, par exemple dans le bâtiment, où certaines entreprises ont du mal à accéder aux chantiers", a ainsi souligné à l'AFP Alain Griset, président de l'U2P (Union des entreprises de proximité).

"Si le mouvement se poursuit, ça va mettre en danger un certain nombre d'entreprises", a-t-il ajouté. Or "on va rentrer dans la dernière ligne droite des préparations de Noël. C'est un moment très important pour les commerçants" qui réalisent parfois en décembre "un double mois" en termes de chiffre d'affaires, a-t-il rappelé.

- L'image de la France écornée -

Il est cependant "trop tôt" pour évaluer l'impact de ces actions sur la croissance, a indiqué Bruno Le Maire.

Les images des troubles sur les Champs-Elysées sont "désastreuses pour l'image de notre pays" alors même que les efforts de redressement de l'attractivité de la France commençaient à porter leurs fruits, a-t-il encore déclaré.

Répondant à une demande des organisations patronales, Bercy va "remettre en place la cellule de continuité économique qui veillera sur le bon remboursement par les assureurs des dégâts qui ont été causés, qui traitera des problèmes de trésorerie et d'activité partielle ou d'étalement des échéances sociales et fiscales", a annoncé le ministre de l'Economie. 

M. Le Maire a détaillé six mesures pour répondre aux demandes des organisations professionnelles. 

Il y aura un "étalement des échéances sociales et fiscales qui sera décidé entreprise par entreprise" et la ministre du Travail Muriel Pénicaud étudiera "des mesures de chômage partiel pour toutes les entreprises qui pourraient en avoir besoin".

Le gouvernement envisage aussi des autorisations supplémentaires d'ouverture le dimanche pour que les entreprises puissent rattraper le manque à gagner subi.

Enfin les banques "vont mettre en oeuvre des facilités en cas de dépassements de découverts" et les assureurs ont été priés d'accélérer leurs procédures d'indemnisation. Et la banque publique Bpifrance relève de 40% à 70% ses garanties sur les crédits de trésorerie et accordera des facilités de paiement sur les remboursements de prêts.