Le Parlement européen a adopté un règlement mettant fin au géoblocage dans l’Union européenne. Les commerçants en ligne devront bientôt traiter les consommateurs transfrontaliers aux mêmes conditions que les acheteurs locaux.


Dans quelques mois, les acteurs du e-commerce n’auront plus la possibilité de recourir au géoblocage. Autrement dit, de rediriger automatiquement les consommateurs venus faire leurs emplettes chez eux, sur la version du site correspondant à leur pays de résidence. Les consommateurs européens pourront donc acheter leurs appareils électriques en ligne, louer une voiture ou acheter des places de concert à l’étranger, comme ils le font dans leur propre pays.

Le géoblocage est largement répandu

C’est encore loin d’être le cas aujourd’hui. Selon une étude de la Commission européenne, réalisée auprès de 10 000 sites web marchands, 63 % des sites de commerce en ligne n’autorisent pas les consommateurs européens à faire leurs achats sur internet dans un autre pays que le leur.
Souvent, le client est automatiquement redirigé vers la version du site correspondant à son pays (où les prix ne sont pas forcément les mêmes). Et quand la connexion avec le site est permise, il est parfois impossible de régler ses achats sur internet autrement qu’avec une carte bancaire émise dans le pays concerné.

Fin du géoblocage : une nouvelle donne pour le e-commerce

Avec l’adoption par le Parlement européen, le 6 février dernier, d’un règlement mettant fin au géoblocage en Europe, la donne va changer. Conformément à ce texte, qui entrera en vigueur d’ici la fin de l’année, les e-commerçants devront alors traiter les acheteurs en ligne des autres États membres de l’UE comme les consommateurs locaux.

Une large interdiction du géoblocage

Cette règle vaudra pour tous les biens dont le commerçant assure la livraison dans le pays du client où que ce dernier peut récupérer sur place . Elle s’appliquera également aux services fournis sur place tels les séjours en hôtel, les événements sportifs, la location de voiture, les billets de concerts ou de parcs d’attraction. En revanche, elle ne concernera pas les contenus protégés par le droit d’auteur (musique, e-books, vidéo à la demande, etc.).

Le géoblocage ne remet pas en cause la liberté du commerce en ligne

Malgré l’interdiction du géoblocage, les professionnels du commerce en ligne pourront toujours continuer à avoir plusieurs sites, déclinés par pays, et pratiquer des prix différents selon leurs marchés. Ils resteront également libres de choisir les moyens de paiement utilisables par la clientèle (et donc de refuser ceux qui ne leur conviennent pas). Mais, dès lors que les consommateurs s’y conforment, ils devront traiter de la même manière les acheteurs locaux et transfrontaliers, quel que soit leur pays de résidence ou leur nationalité.

Une opportunité pour les professionnels du e-commerce

En pratique, l’interdiction du géoblocage en Europe va surtout affecter les grands acteurs du e-commerce, qui possèdent plusieurs sites marchands, déclinés pays par pays. Pour la grande majorité des commerçants en ligne, l’incidence restera limitée. Reste que cette ouverture des marchés va favoriser les achats sur internet transfrontaliers. D’où l’intérêt, pour les professionnels du e-commerce, de se saisir de cette opportunité , en étudiant sans tarder les marchés étrangers susceptibles de leur offrir des débouchés porteurs.