"J'accuse le gouvernement de se servir de cela [le Smic européen] pour favoriser demain ce qui pourrait être une remise en cause du Smic en France", a déclaré Benoît Hamon sur LCI.

Nathalie Loiseau, tête de liste LREM aux européennes, a souhaité mardi dans un entretien au Parisien fixer un Smic "dans tous les pays de l'Union européenne (...), au moins la moitié du salaire médian", en soulignant que "six pays n'ont même pas de Smic". 

Pour un revenu médian de 1.710 euros nets en France selon les dernières études de l'Insee de 2016, cela représenterait un minimum de 855 euros, contre un Smic actuel à 1.204 euros nets. 

"Mme Loiseau continue à défendre une vision de l'Europe (...) qui repose sur les bas salaires, un coût du travail faible et en clair, la précarisation des travailleurs", a accusé le candidat de Générations, en évoquant une résolution du Parlement européen, à valeur non contraignante, qui propose un Smic européen à "60% du salaire moyen". 

"Pour la France, ça ferait 1.350 euros, donc une cible qui nous amène tous à viser un objectif plus haut, pas un objectif plus bas", a estimé M. Hamon.

Le candidat n'a pas été le seul à accuser Mme Loiseau, et à travers elle la majorité présidentielle, de vouloir s'attaquer au salaire minimum français. 

La délégation du PS français au Parlement européen a affirmé dans un communiqué que "le calcul proposé le placerait... en dessous du seuil de pauvreté." 

"Certes, Mme Loiseau indique que ce serait un +minimum+, mais connaissant l'habitude de l'Union européenne consistant à tirer vers le bas salaires et droits sociaux, il y a de quoi nourrir quelques inquiétudes", a de son côté réagi Ian Brossat (PCF) dans un communiqué mercredi.

A Adrien Quatennens (LFI) qui l'accusait de vouloir baisser le Smic de "317 euros", Mme Loiseau a répondu sur Twitter qu'elle considérait sa proposition comme "un moyen de lutter contre le dumping social" en fixant un salaire minimum dans les pays qui n'en ont pas.

Elle a également assuré que "le Smic français ne baissera bien sûr pas", accusant au passage M. Quatennens de propager des "contre-vérités".