Le microcrédit finance les besoins des porteurs de projet et des entrepreneurs qui n’ont pas la possibilité d’obtenir un crédit bancaire. Il permet d’emprunter, selon les organismes, jusqu’à 30 000 € pour créer ou développer son activité.

On ne prête qu’aux riches, dit le proverbe. Avec l’apparition du microcrédit, dans les années 70 au Bangladesh, ce n’est désormais plus le cas. Ce mode de financement, qui a depuis essaimé sur toute la planète, s’adresse en effet aux personnes qui ne peuvent décrocher un emprunt par la voie classique, auprès d’une banque. Faute de ressources ou de garanties suffisantes.

En France, cette généreuse idée a été transposée par l’Adie, l’Association pour le droit à l’initiative économique, dont la vocation est d’aider les porteurs de projet disposant de ressources modestes à créer leur entreprise. Premier acteur du microcrédit hexagonal, cette structure a accordé plus de 16 000 microcrédits professionnels en 2017, pour un montant moyen de 4 400 €.

Le microcrédit est bien adapté aux petits projets

Destiné à un public disposant de moyens par définition limités, le microcrédit s’adresse en priorité aux petits projets. A l’Adie, le crédit accordé aux entrepreneurs est, à ce jour, plafonné à 10 000 €. A la NEF, une coopérative de financement solidaire, la barre haute est fixée à 30 000 €. Des sommes relativement limitées, mais qui peuvent, le cas échéant, être complétées par un prêt d’honneur, une aide régionale ou d’Etat.

Comme pour un prêt bancaire, le microcrédit est accordé sous conditions. La première, bien sûr, est de ne pas être éligible aux financements bancaires classiques. Ensuite, il faut être en phase de création ou du moins avoir démarré l’activité depuis moins de 5 ans. Enfin, il faut être en mesure de présenter un garant acceptant de se porter caution à hauteur de 50 % du financement accordé à l’entrepreneur. Une obligation destinée à s’assurer que l’entourage du demandeur soutient son projet et est prêt à s’engager à ses côtés.

L’octroi du microcrédit est conditionné à la solidité du projet

Plusieurs éléments sont pris en compte pour l’octroi d’un microcrédit : la solidité du projet, le profil du demandeur, sa capacité à rembourser le prêt tout en s’octroyant un revenu suffisant pour vivre. Selon les cas, la durée d’emprunt court sur un délai qui peut aller jusqu’à 5, voire 7 ans, avec la possibilité de bénéficier  d’un différé de remboursement au départ.

Point important : compte tenu d’une prise de risque plus élevée, les taux d’intérêt pratiqués par les organismes de microcrédit sont supérieurs à ceux des banques. A l’Adie, ils se situent actuellement à 7,58 % par an, selon le montant emprunté. Somme à laquelle s’ajoutent des frais de dossier, qui peuvent aller jusqu’à 5 % du montant du prêt.

Un coût non négligeable pour l’emprunteur mais qui, faute d’autre solution, a le mérite d’offrir une alternative de financement opportune. D’autant que l’octroi d’un microcrédit peut s’accompagner d’un soutien, personnalisé et gratuit, apporté au porteur de projet. Par exemple en matière de développement commercial, gestion comptable, pilotage des achats, etc. De quoi conforter la conduite de son projet et donc ses chances de succès.