Voici quelques éléments et tendances notables de cette 70e édition.

- Foot américain et réseaux sociaux -

Le tout-Hollywood n'a pas vraiment l'habitude de faire ses grandes fêtes le lundi après-midi (17h00 heure locale, mardi 00h00 GMT), mais la chaîne de télévision NBC, qui détient les droits de retransmission, ne lui a pas laissé le choix: le dimanche est réservé au championnat de football américain, toujours très populaire et brassant donc beaucoup d'argent.

Certains acteurs de l'industrie télévisuelle regrettent cette programmation, qui risque de faire chuter une audience déjà en berne. Car de plus en plus de fans préfèrent suivre sur les réseaux sociaux le palmarès et les moments clefs d'une soirée qui dure tout de même plus de trois heures... 

- Records et débutants -

Avec 21 nominations cette année, l'émission satirique phare de la télévision américaine, "Saturday Night Live" -- désormais connue internationalement pour ses parodies de Donald Trump par Alec Baldwin --, a battu son propre record: 252 depuis sa création en 1975.

La promotion 2018 compte aussi son lot de débutants illustres, comme le chanteur pop Ricky Martin et l'actrice espagnole Penelope Cruz (Oscar en 2009), représentant tous deux la série "The Assassination of Gianni Versace: American Crime Story".

Mention spéciale pour le vétéran Henry Winkler, légendaire "Fonzie" de la série "Happy Days" dans les années 1970: il pourrait enfin recevoir un Emmy pour son rôle dans "Barry", série produite par HBO dont la vedette est un tueur à gages solitaire pris dans le petit monde du théâtre amateur à l'occasion d'un contrat.

- Et   dans tout ça? -

Les Emmy Awards 2017 avaient eu lieu avant l'explosion de la bombe   mais il est probable que l'onde de choc du mouvement de dénonciation du harcèlement sexuel rattrape la cérémonie cette année. D'autant que le patron de la chaîne CBS (34 nominations), Les Moonves, figure d'Hollywood, vient de démissionner sous le coup d'accusations de harcèlement et agressions sexuelles de six femmes. 

Plusieurs séries célébrant les femmes et leurs droits, en tête desquelles "The Handmaid's Tale: La Servante Ecarlate", sont en lice cette année.

Mais beaucoup de chemin reste à parcourir. Selon des statistiques publiées cette semaine par le Centre d'études des femmes dans la télévision et le cinéma de l'université de San Diego, le nombre de femmes travaillant dans ce secteur a baissé: 40% seulement des personnages ayant au moins une ligne de dialogue, tous programmes et supports confondus, contre 42% un an plus tôt.

Derrière la caméra (scénaristes, réalisatrices, productrices, etc.) la proportion de femme n'est que de 27%.

- L'ombre de Trump - 

Bien que ne figurant pas sur la liste des invités, Donald Trump sera inévitablement présent lundi: les maîtres de cérémonie, Colin Jost et Michael Che, sont les principaux scénaristes de l'émission culte "Saturday Night Live" (SNL), connus pour brocarder Trump et sa politique. Figure de SNL, Alec Baldwin est d'ailleurs cette année encore nommé aux Emmy Awards pour ses imitations - tout en lippe et perruque blonde - du président américain.

- Consécration pour Netflix ? -

En juillet, le géant de la vidéo sur internet Netflix a coiffé sur le poteau la chaîne câblée HBO pour le nombre de nominations, 112 à 108. Netflix restera-t-il en tête une fois les trophées décernés? 

L'an dernier, HBO avait récolté 29 Emmy Awards, contre 20 à Netflix. 

Pour cette 70e édition, les dragons et grandes familles de Westeros de "Game of Thrones" font leur grand retour, épaulés par les androïdes de "Westworld", autre succès de HBO. Face à eux, Netflix aligne les catcheuses kitsch "GLOW", les phénomènes surnaturels de "Stranger Things" et rien moins que la reine d'Angleterre ("The Crown").