Recruter de jeunes salariés peut insuffler du dynamisme comme demander un engagement conséquent. Les nouvelles aides du plan de relance de l'économie réduisant le coût salarial de l'embauche de jeunes professionnels permettent à certaines PME de recruter pour se développer malgré l'épidémie.

Céline Manceron a embauché trois apprenties pour soutenir l'activité de son entreprise CGmédia, spécialisée dans les installations audiovisuelles et la visioconférence. Le reste à charge mensuel total pour les trois apprenties ne revient qu'à 250 euros, hors frais de mutuelle. « C'est rien. Grâce aux aides, on a sauté le pas », souligne l'entrepreneuse. Pour tout contrat d'apprentissage et de professionnalisation signé entre le 1er juillet 2020 et le 28 février 2021, les PME bénéficient d'aides exceptionnelles versées tous les mois pendant un an, pour un total de 5.000 euros si l'apprenant est mineur, de 8.000 euros s'il est majeur. Ces aides se substituent aux autres et ne demandent pas de démarches administratives complémentaires. CGmédia a choisi des apprenties en formation de gestion administrative, relations clients et marketing, du BTS au bac +5 : « Nous allons gagner en qualité de vie et en efficacité, même si être maître d'apprentissage représente un engagement. C'est le jeu », résume Céline Manceron.

Un coup de pouce non négligeable

De son côté, Maxime Rouet, à la tête du fabricant de mobilier technique Cimbe, a embauché une apprentie en gestion des organisations et finalise le recrutement d'un apprenti en communication. « Sans les aides, je ne les aurais pas recrutés », explique-t-il, estimant le coût salarial de son alternante à 5.000 euros l'année, au lieu de 12.000. « Je la forme tout en me dégageant du temps pour les missions de commercial, cruciales en cette période », expose Maxime Rouet.

Pour cet entrepreneur de 29 ans, intégrer des jeunes remotive les troupes : « Ils amènent de l'énergie et des regards différents, en plus de prouver notre envie de se développer », observe-t-il. Apprentis mis à part, la dernière embauche de Cimbe fut celle d'un dessinateur de 25 ans, en mars dernier. Du 1er août 2020 au 31 janvier 2021, toute embauche en CDI ou CDD de plus de 3 mois d'un salarié de moins de 26 ans donne droit à une aide annuelle allant jusqu'à 4.000 euros pour un temps plein. Elle est limitée aux contrats rémunérés en deçà du double du SMIC et versée trimestriellement. Pour en bénéficier, les employeurs doivent déposer sous quatre mois une demande via la plateforme en ligne Sylaé.

« Pour recruter, il faut qu'il y ait suffisamment de ventes, de travail. Certains secteurs, comme l'hôtellerie, ont encore trop d'incertitudes pour en profiter », nuance Marie Dupuis-Courtes, vice-présidente en charge de la formation au sein de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME).

Devenir une entreprise apprenante

Suite à une campagne de communication lancée fin août par CCI France, le réseau national des chambres de commerce et d'industrie, un tiers des entreprises ayant pris contact avec les centres de formation d'apprentis (CFA) n'avait jamais eu d'apprenti et 90 % étaient des TPE ou PME. Astrid Destombes, responsable du pôle formation de CCI France depuis dix-huit ans, n'a jamais connu de dispositif d'aides aussi conséquent. Elle met cependant en garde contre les effets d'aubaine et rappelle que « recruter un apprenti demande un effort, il faut l'accompagner, devenir une entreprise apprenante ». Caroline Laizeau, directrice générale du CFA la Faculté des métiers de l'Essonne, confirme l'engouement des entreprises et insiste : « Nous sommes très vigilants quant à l'implication de l'entreprise. Le maître d'apprentissage suit lui-même une formation. » Un investissement en temps qui, selon elle, devient aussi source de fierté pour les entreprises.