"C'est scandaleux", affirme la Britannique, en marge du festival Canneseries, où elle est récompensée pour sa carrière marquée par de nombreuses séries comme récemment "Game of Thrones".

"Si elles ont la même stature que l'acteur en face d'elle, les actrices devraient être payées le même salaire", souligne-t-elle, sans citer de cas en particulier. 

Une polémique était née à ce sujet, suite aux révélations sur le salaire de l'acteur jouant le prince Philip dans la série "The Crown", mieux payé que Claire Foy, l'interprète de la reine Elisabeth dans les deux premières saisons. 

Une situation qu'a en partie connue Diana Rigg. En 1967, après deux saisons de "Chapeau melon et bottes de cuir", elle claqua la porte faute d'obtenir une augmentation de salaire. Elle avait alors découvert qu'elle gagnait moins qu'un cameraman.

"Je n'avais rien contre le cameraman mais je me suis plainte", se souvient-elle, non sans humour. "On m'a traitée de tous les noms et je n'ai reçu aucun soutien". Pas même de la part de Patrick MacNee, alias John Steed, son partenaire à l'écran. 

"C'était un homme charmant mais il voulait une vie tranquille. Et j'étais une source de problèmes", affirme celle qui est aujourd'hui Dame de l'empire britannique, après avoir incarné une des premières femmes libérées du petit écran.

Pour l'actrice, les portraits bien sentis de personnages féminins sont apparus seulement récemment. Et de citer la série britannique "Fleabag", écrite et interprétée par Phoebe Waller-Bridge. 

"C'est brillant. C'est un grand pas en avant pour la télévision, pour les femmes. Le personnage principal est une femme réelle", souligne celle qui a d'abord brillé sur les planches avant de se faire un nom à la télévision.

Ses interprétations de Médée, d'Euripide et de Mère Courage lui ont valu plusieurs prestigieuses distinctions. 

Mais pour la jeune génération, Diana Rigg restera dans les annales grâce à son interprétation d'Olenna Tyrell dans "Game of Thrones" (GoT). Elle incarne un personnage manipulateur, apportant une dimension shakespearienne à la saga fantastico-médiévale. 

Au risque de décevoir, il n'y aura pas de résurrection de son personnage dans la huitième et dernière saison de GoT, diffusée à partir du 14 avril. Et pour le reste, "je ne peux rien vous dire, je n'ai jamais regardé la série", lance la pétillante Diana Rigg. Qui, espiègle, ajoute: "C'est un supplice de me voir à l'écran".