+Sortie de la prostitution

La loi du 13 avril 2016 a créé un "parcours de sortie de la prostitution", soumis à l'aval du préfet, prévoyant la possibilité d'un logement social, un accompagnement médical, des actions d'insertion, et pour les étrangères la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour de six mois.

Un dispositif encore peu développé: selon un rapport parlementaire, 29 parcours ont été validés fin 2017, et 64 au 31 mai 2018. 

Pour obtenir le feu vert, "on nous demande des certificats d'excision par exemple", pour prouver que ces femmes ont été victimes de violences, soupire Lionel Arsiquaud, éducateur spécialisé de l'Amicale du Nid à Marseille, évoquant des dossiers contenant "des détails d'une réalité indiscutable qui pourtant ne passent pas".

Malgré tout, le dispositif "a facilité la prise en charge", assure Elisabeth Moiron-Braud de la mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la traite (MIPROF) 

+Statut de réfugiées

"Beaucoup de Nigérianes demandent l'asile" car "elles viennent de l'Etat d'Edo où elles sont persécutées", ajoute Mme Moiron-Braud.

Mais l'Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides), constate aussi une "instrumentalisation de la procédure d'asile par les réseaux de trafiquants", sous la menace de représailles ou l'usage de violences.

L'an dernier, 1.995 Nigérianes ont demandé l'asile mais 354 seulement l'ont obtenu.

Ces demandeuses ou réfugiées peuvent toutefois solliciter un programme "d'accompagnement très spécialisé" lancé par la Direction générale des étrangers en France (DGEF) pour des femmes "victimes de violences ou de traite des êtres humains".

Le dispositif, qui vise 300 places fin 2019, permet "une sécurisation des lieux, une prise en charge psy renforcée..." et "un travail du parcours de demande d'asile et de sortie de la prostitution", explique-t-on à la DGEF, qui consacre 13 euros par jour et par personne au programme (en plus du coût de l'hébergement).

+Aide au retour

"Certaines femmes ont envie de rentrer car elles ont laissé une famille" au Nigeria, explique aussi Mme Moiron-Braud. 

"On essaie de monter des programmes d'aide au retour", ajoute Didier Leshi, le directeur général de l'Ofii -- ce qui n'est "pas simple" car il faut trouver sur place des structures d'accompagnement.

Au-delà, la France veut travailler avec le Nigeria à démanteler les réseaux. Une tâche difficile: "en général on n'a pas de réponse" aux demandes de coopération, souligne Mme Moiron-Braud, car "le Nigeria est un immense pays, avec plusieurs Etats" très indépendants, et "la compétence n'est pas forcément au niveau national".