Dans le contexte actuel de crise lié au coronavirus, de nombreux ménages expérimentent une baisse significative de leurs revenus. En première ligne, les commerçants, les professions libérales ou les travailleurs indépendants qui subissent une baisse voire une cessation de leurs activités. Cela peut avoir pour conséquence directe une pression sur leur budget, notamment pour ceux qui remboursent le prêt immobilier d’une résidence principale. Si aucune mesure étatique n’a été annoncée pour soutenir les particuliers, des solutions existent néanmoins pour aménager son prêt auprès de sa banque.

Des négociations possibles avec les banques

Pour l’instant, aucun plan d’action n’a été proposé par la Fédération bancaire française, qui n’envisage pas de mesures d’urgence coordonnées pour les particuliers. Toutefois, plusieurs grandes banques ont fait savoir qu’elles accorderaient des reports des échéances de crédit jusqu’à 6 mois, sans pénalités ni frais.
La Fédération bancaire française invite les personnes en difficulté à se rapprocher de leur conseiller bancaire. Généralement, toutes les offres de prêt prévoient des possibilités de suspension ou de modulation des échéances. Si ce n’est pas le cas, il est toujours possible de négocier avec sa banque même si cela peut impliquer un surcoût, à long terme, sur les intérêts du crédit.

La suspension des échéances

La suspension des échéances du crédit correspond à la possibilité de reporter ses échéances de paiement pendant une durée, comprise en général entre 1 et 12 mois. Il existe deux manières de procéder :  
-    La suspension partielle des mensualités : l’emprunteur rembourse ici les intérêts, mais pas le capital
-    La suspension totale des mensualités : l’emprunteur reporte le paiement de l’intégralité de ses mensualités.

Attention, la suspension peut être assortie de conditions en fonction des banques (par exemple, le prêt doit être remboursé depuis déjà 2 ans au minimum…). Il faut également garder à l’esprit que la suspension allonge, de fait, la durée du crédit, puisque vous devrez payer ces échéances plus tard à votre banque. Enfin, les cotisations liées à l’assurance-emprunteur ne peuvent être suspendues.

La modulation des échéances

La modulation des échéances permet de diminuer le montant de ses mensualités auprès de sa banque. Cette diminution peut atteindre jusqu’à 30 % du montant initial. Cependant, cette réduction ne peut conduire à un allongement du prêt sur une période supérieure à 2 ans (ou 3 ans, en fonction des banques). Il faut également garder à l’esprit que, comme pour la suspension des échéances, la modulation du prêt a pour conséquence mécanique un rallongement de la durée du crédit et une hausse des intérêts, donc du coût global du prêt.