Alors que la pandémie de Covid-19 rebondit, les dirigeants de TPE/PME sont les premiers à sentir les effets du ralentissement économique ou l'arrêt de leur activité. Parmi les dispositifs utiles pour trouver une solution, il existe les 70 CIP, les Centres départementaux d'information sur la prévention des difficultés des entreprises, répartis sur tout le territoire français. Depuis le début de la crise sanitaire, ces centres, animés par des bénévoles, ont subitement augmenté leur activité. Et d'outils de prévention des difficultés, ils se sont transformés en plateformes d'orientation pour chefs d'entreprise en détresse, comme en témoigne André Tixier, président du CIP Loire Sud (Saint-Etienne). Actuellement, il traite une douzaine de dossiers par mois, presque deux fois plus que d'habitude.

Ce service est totalement gratuit. Pour l'équipe de bénévoles (expert-comptable, avocat, ancien juge du tribunal de commerce, ancien chef d'entreprise) qui reçoit en entretien les dirigeants, le principal sujet de préoccupation est l'éligibilité aux aides de l'Etat. Ces artisans, commerçants ou indépendants sont perdus dans le maquis des dispositifs lancés par le gouvernement ces derniers mois. « L'un des gros problèmes est que beaucoup d'entrepreneurs ayant créé leur entreprise il y a moins d'un an ne peuvent pas bénéficier de ces aides », rapporte André Tixier. Plus généralement, c'est la crainte de l'avenir qui paralyse ces patrons qui n'ont plus de commandes. « Un PGE, prêt garanti par l'Etat, c'est très bien. Mais ils ne savent souvent pas quoi en faire », poursuit le président du CIP Loire Sud.

Diagnostic objectif sur l'état de l'entreprise

Restauration, commerce de proximité, événementiel... sont les secteurs les plus touchés. Le rôle du CIP va alors consister à faire un premier diagnostic objectif sur l'état de l'entreprise. « L'entretien, qui dure plusieurs heures, va servir à prendre le recul nécessaire. Certains se croient au bord du gouffre, alors qu'il y a parfois des solutions », affirme André Tixier. Souvent trop isolé, le dirigeant peut notamment être orienté vers un dispositif d'accompagnement adapté, comme la plateforme CARE. Porté par les CCI et les chambres des métiers du Rhône et de la Loire, ce guichet unique, matérialisé par une plateforme Web, une ligne téléphonique dédiée ou des rendez-vous physiques, permet de simplifier l'accès aux soutiens de l'Etat en adéquation avec la situation de l'entreprise.

Au-delà de son rôle de diagnostic et d'orientation, le CIP est aussi un lieu d'écoute qui permet aux dirigeants « de se lâcher ». « On sent une certaine détresse chez ces entrepreneurs qui ont besoin de parler », relate André Tixier. En cette période difficile, les dégâts psychologiques sont lourds. Si les experts bénévoles détectent de la souffrance morale chez le dirigeant reçu, ils peuvent proposer de l'orienter vers un psychologue clinicien. Grâce au partenariat du CIP avec l'association Apesa France (Aide psychologique aux entrepreneurs), le chef d'entreprise peut alors bénéficier d'un soutien gratuit.