Emmanuel Macron joue les VRP de la marque France. Toyota, Google, SAP, Facebook... "Plus de trois milliards d'euros de projets ont été annoncés", a l'occasion du sommet "Choose France", où le chef de l'État avait convié lundi 22 janvier à Versailles 140 patrons de grands groupes, a assuré le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux.

"Contrairement à un préjugé solidement ancré, la France a toujours attiré les capitaux étrangers", analyse mardi 23 janvier dans Libération Laurent Joffrin, selon qui "Emmanuel Macron peut se prévaloir de résultats qui sont principalement imputables à son prédécesseur" François Hollande. 

Cependant, "il faut mesurer le chemin parcouru", insiste Guillaume Maujean dans Les Échos. "Il y a six ans, le futur président (François Hollande, ndlr) déclarait la guerre à la finance, son 'ennemi' héréditaire." 

UN ANCIEN BANQUIER QUI SAIT SE VENDRE

"Ses premières réformes sociales, les premières mesures fiscales, ont accrédité l'idée" qu'Emmanuel Macron "n'était pas l'ennemi de la finance, pour autant qu'elle 'ruisselle' sur le terrain de l'investissement, donc de l'emploi", relève pour sa part Jean-Michel Helvig dans La République des Pyrénées.

Cette stratégie du "ruissellement" a le don d'horripiler L'Humanité, pour qui "Macron célèbre à Versailles la grande crue des dividendes". Dans son éditorial, Patrick Apel-Muller persifle "le gratin de la fortune mondiale (...) réuni autour d'un président qui se rêve monarque".

Plus sobrement, le Courrier Picard estime, sous la plume de Daniel Muraz, que "le président a donc joué une fois de plus les VRP. Un rôle qu'il affectionne et pour lequel l'ancien banquier n'est pas le moins doué".

QUEL SERA LE PRIX À PAYER ?

"À l'heure où les Anglais sont englués dans leur Brexit et où les Allemands patinent à trouver une coalition, Paris veut démontrer avec brio et faste que la France est de retour", écrit Alain Dusart dans L'Est républicain. "L'Angleterre déprime, les États-Unis perdent la tête, l'Allemagne chancelle, l'Italie a la tête aux élections, alors la France sort le grand jeu, les petits fours et les compliments", résume à son tour Florence Chédotal dans La Montagne.

Pour Laurent Bodin de L'Alsace, Emmanuel Macron, qui doit aussi se rendre cette semaine au Forum économique de Davos, "endosse les habits de représentant commercial du produit France".

"Reste à savoir le prix à payer de ces opérations séduction auprès d'acteurs dont la philanthropie n'est pas le premier des moteurs", insiste Éric Marty du Midi libre.