Les neuf magistrats du Tribunal suprême fédéral (STF) ont estimé que ces interventions des forces de l'ordre en milieu universitaire y affectaient la liberté d'expression et de pensée.

La sentence crée un précédent, dans un moment de tension avant l'entrée en fonctions le 1er janvier prochain de Jair Bolsonaro, un ex-militaire nostalgique de la dictature (1964-1985) qui ne cache pas sa haine de la gauche et a eu des paroles offensantes à l'égard des minorités.

"Il n'y a pas de droit démocratique sans respect des libertés (...). La seule force légitime qui peut envahir les universités est celle des idées libres et plurielles. Toute autre relève de la tyrannie", a édicté la juge Carmen Lucía Antunes, rapporteure du texte, dont la déclaration a été soutenue par les huit autres membres du STF à l'unanimité.

A la veille du second tour de l'élection présidentielle dimanche dernier, remportée par Jair Bolsonaro face à Fernando Haddad du Parti des travailleurs (PT, gauche), des policiers avaient pénétré dans plusieurs établissements d'enseignement supérieur pour empêcher la tenue de conférences sur la démocratie et pour y retirer des pancartes "antifascistes".

Ces policiers avaient agi sur ordre de tribunaux électoraux, qui estimaient que les activités visées ressortaient de la propagande illégale contre le candidat Bolsonaro. Des étudiants et des professeurs ont dénoncé ces interventions comme étant de la censure.

Dès samedi, la juge Carmen Lucía Antunes avait ordonné la suspension de ces opérations afin de garantir le droit à la liberté de pensée.

Le président élu a déjà scandalisé une partie du monde éducatif en accusant des professeurs, cités avec leurs noms et prénoms, de défendre les régimes de Cuba et de Corée du Nord devant leurs élèves, dans une vidéo non datée diffusée sur internet.