"La question du bien-être animal ne se réduit pas à quelques bobos parisiens écervelés. Je n'appartiens pas à une secte, je considère juste, comme une grande majorité des Français, que c'est une question sociétale majeure", a-t-elle fait valoir sur franceinfo.

Une cinquantaine de députés LREM comptent ainsi déposer d'ici la fin de l'année une proposition de loi sur cette question, a-t-elle précisé en se prononçant contre la présence d'animaux sauvages dans les cirques ou l'existence des delphinariums.

"Nous ne sommes pas encore allés assez loin et nous devons être la majorité qui porte cette question", plaide-t-elle.

Cette question concerne aussi selon elle l'élevage: "On a pris des engagements sur la question de l'interdiction du broyage des poussins, sur la castration à vif des porcelets. Le ministre (de l'Agriculture, NDLR) a dit qu'il ferait des annonces; on les attend de pied ferme dès le mois de septembre et on souhaite aller plus loin avec notre proposition de loi", a-t-elle insisté.

"J'aimerais a minima qu'on puisse interdire la corrida aux mineurs. Est-ce que c'est 12 ans, 14 ans, 16 ans... Il faut avancer là-dessus", a-t-elle aussi souligné.

"Un certain nombre de films sont interdits aux mineurs, mais un film c'est une fiction. Or la corrida n'est pas une fiction" et "je ne considère pas que ce soit un spectacle car à la fin quoi qu'il arrive, vous avez un animal victime de souffrances et qui meurt", a-t-elle justifié.

Interrogé par l'AFP, le président de l'Observatoire national des cultures taurines, André Viard, a estimé que cette proposition posait la question de "la privation de son autorité parentale pour une communauté culturelle", ce qui "équivaudrait à ouvrir une boîte de pandore dont on peut imaginer les effets dévastateurs dans de nombreux domaines".

Une telle mesure, selon lui, irait aussi "à l'encontre de la Déclaration universelle des droits de l'enfant, dont la France est signataire, qui lui garantit de pouvoir être élevé dans la culture de ses parents".

Ces déclarations de Mme Bergé interviennent quelques jours après la polémique déclenchée par la révélation par le quotidien Sud Ouest de la présence à une corrida en août à Bayonne du ministre de l'Agriculture Didier Guillaume et de sa collègue chargée de la Cohésion des territoires Jacqueline Gourault.

M. Guillaume a dit lundi "regrette(r)" d'avoir pu "choquer" des militants du bien-être animal opposés à la tauromachie.

"Je suis le premier ministre de l'Agriculture à avoir une collaboratrice, une conseillère au cabinet, en charge du bien-être animal, je suis le premier ministre de l'Agriculture qui a pérennisé le Conseil de surveillance des abattoirs", a-t-il fait valoir.