Alors que les problèmes de sommeil touchent une personne sur trois en France, et que le marché est estimé à plus de 28 milliards de dollars rien qu'aux Etats-Unis, les start-up sont nombreuses à se positionner sur le secteur de la « sleeptech », très présente à Las Vegas sur les espaces dédiés à la santé et au bien-être. Mais, en la matière, la formule magique n'a pas encore été trouvée, et les jeunes pousses, notamment françaises, s'attaquent au sujet par différents versants.

La bonne température

Chez Moona, qui présente son produit à l'Eureka Park, on a décidé de miser sur la température corporelle. « Des études scientifiques, menées notamment à l'université de Pittsburgh, montrent que la qualité du sommeil dépend beaucoup de la température du corps », explique le fondateur de l'entreprise David Stoikovitch. La jeune pousse développe un coussin d'eau qui se place sur l'oreiller, et permet de réguler la température du corps à partir de la nuque. Relié à un boîtier par un câble de plus d'un mètre, le coussin peut générer trois températures durant la nuit, une pour l'endormissement, une pour le sommeil et une autre pour l'éveil. Le boîtier permet par ailleurs de capter les mouvements de la personne qui dort, ainsi que d'obtenir des indications sur son environnement, comme le niveau d'humidité de la pièce. Des données qui permettront à Moona d'être de plus en plus précis dans ses réglages de températures.

L'entreprise a déjà opéré une étude clinique, au CHU de Nantes, sur 15 personnes. Les résultats obtenus étant « peu significatifs mais encourageants », selon David Stoikovitch, une deuxième étude est en cours, en double aveugle et sur un échantillon de 30 femmes ayant des problèmes de sommeil liés à la ménopause. Au CES, Moona est venu présenter son produit fini, dont 500 unités ont été commandées lors d'une campagne Kickstarter. Depuis Las Vegas, la jeune pousse espère s'ouvrir la voie du marché américain.

Un boîtier déconnecté

A l'Eureka Park également, Morphée présente son boîtier facilitant l'endormissement. Cet élégant objet en bois, totalement déconnecté, permet d'écouter des séances de méditation guidées ou de sophrologie qui facilitent l'endormissement. Plus de 200 combinaisons sont possibles, puisque l'objet contient 7 thématiques, qui comprennent chacune 8 séances différentes, de deux durées et avec deux voix possibles. Cette « boîte à sommeil », vendue chez Nature & Découvertes au prix de 79 euros, est actuellement en rupture de stock. Au CES, l'entreprise de deux ans, basée à Aix-en-Provence, espère trouver de nouveaux distributeurs français et étrangers.

Chez UrgoNight, on explique que l'on « apprend à pêcher plutôt que de donner du poisson ». Développée en intrapreneuriat au sein du groupe Urgo, la start-up ne produit pas de solution permettant de s'endormir, mais un produit permettant de s'entraîner à le faire durant la journée, grâce à un casque qui capte l'activité cérébrale et la rend visible.

Ce processus de neurofeedback « permet aux gens de trouver quelle est la meilleure façon, pour eux, de générer des ondes SMR, qui favorisent l'endormissement », explique le fondateur de l'entreprise, Guirec Le Lous. La méditation ou la visualisation peuvent par exemple permettre d'obtenir des points, qui sont gagnés dans l'application à chaque fois que le cerveau émet ces ondes. Pour fonctionner sur du long terme, l'entraînement doit avoir lieu trois fois par semaine au cours de quatre mois. Une fois commercialisé, le casque d'UrgoNight coûtera 500 euros, mais il sera lancé à moitié prix lors d'une campagne Indiegogo en avril prochain.