C'est ce qu'on appelle une manoeuvre de la dernière chance. Son projet d'accord ayant été rejeté la semaine dernière, le patronat va revenir lors de la prochaine séance de négociation sur la réformede l'assurance-chômage avec de nouvelles propositions pour lutter contre le recours abusif auxcontrats courts dans certains secteurs d'activité. C'était la condition imposée par les syndicats pour éviter que tout s'arrête et que l'Etat ne reprenne la main.

Sans attendre, l'U2P, qui représente les artisans et les professions libérales, a appelé lundi à « poursuivre la recherche d'un accord », promettant des propositions « concrètes » à la clef. Promesse réitérée avec le Medef et la CPME en début de soirée, en précisant bien que les nouvelles propositions alternatives au bonus-malus seraient dévoilées en séance. Selon nos informations, il s'agirait de constituer un fonds mutualisé destiné à financer des formations pour les salariés entre deux contrats courts, ou des complémentaires santé. Géré par l'Unédic, ce fonds serait alimenté par un forfait payé par l'employeur sur chaque contrat court signé, du même montant quelle que soit la durée. Son poids relatif serait d'autant plus élevé que la durée est courte. Pour l'instant, aucun chiffre n'est avancé.

Cela convaincra-t-il les syndicats ? De l'aveu d'un dirigeant patronal, il en faudrait plus pour faire revenir les syndicats à la table des négociations, notamment la CFDT, « qui a durci sa position dans la dernière ligne droite ».

Avec cette proposition de dernière minute, le patronat cherche surtout à ne pas être tenu responsable de l'échec, probable, de la négociation. Ce d'autant qu'il a prévenu : lors de la prochaine séance, il compte aussi parler des économies exigées par le gouvernement (entre 1 et 1,3 milliard par an), ce que les syndicats ne peuvent endosser.

Cette perspective n'est pas pour effrayer tout le monde. Certains adhérents de poids au Medef ont toujours dit qu'ils n'étaient pas prêts à signer « n'importe quoi » sur les contrats courts pour sauver le paritarisme. « On ne signera pas un accord juste pour sauver l'Unédic et sa gouvernance. Notre mission est bien plus large que les mandats paritaires », fait savoir un responsable de l'avenue Bosquet.