Cette arrivée porte à 75 le nombre de familles yazidies arrivées en France depuis la première en décembre 2018 (16 femmes et leurs enfants - 83 personnes au total), suivie d'une autre (28 familles - 132 personnes) fin mai, ajoute le ministère dans un communiqué, sans préciser le nombre d'enfants concernés cette fois.

Arrivés en provenance d'Erbil (Irak) à l'aéroport de Toulouse-Blagnac, ces femmes, "particulièrement éprouvées par les exactions" de l'EI et enfants seront "pris en charge dans différents départements français" où l'État leur assurera "protection, sécurité, éducation et accompagnement médico-social", selon le ministère français.

L'opération est organisée comme la précédente par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et financée par le ministère français de l'Europe et des Affaires étrangères, a précisé le ministère de l'Intérieur.

Ce nouvel accueil répond selon le ministère à "l'engagement" pris par le président français Emmanuel Macron auprès de Nadia Murad, prix Nobel de la paix 2018, "à accueillir sur le territoire français cent familles yazidies victimes des crimes commis par Daech".

Cette démarche témoigne selon le ministère "de la volonté renouvelée de la France", membre de la coalition militaire internationale qui a aidé le gouvernement irakien et des milices syriennes à vaincre militairement l'EI ces dernières années, d'accueillir "des victimes de violences ethniques et religieuses au Moyen-Orient".

Nadia Murad a fait partie des milliers de femmes et de petites filles yazidies enlevées et réduites à l'esclavage par l'EI.

En août 2014, l'EI s'était livré selon l'ONU à un potentiel génocide contre les Yazidis, cette minorité kurdophone adepte d'une religion monothéiste ésotérique. En quelques jours, les jihadistes du "califat" autoproclamé avaient tué des centaines d'hommes de la communauté, enrôlé de force des enfants-soldats et réduit des milliers de femmes à l'esclavage sexuel. 

Près de 3.000 Yazidis sont toujours portés disparus, en majorité des femmes et des enfants, peut-être toujours captifs de l'EI.

Sur les 550.000 Yazidis d'Irak avant 2014 - soit un tiers des Yazidis du monde -, 100.000 ont pris le chemin de l'exil depuis 2014, principalement en Allemagne, et 360.000 sont toujours déplacés, notamment dans des camps où ils sont aidés par les autorités et des ONG.