Une enquête du New York Times a récemment révélé que plusieurs décennies de "masters", enregistrements originaux servant à fabriquer vinyls, CD et autres copies numériques, étaient partis en fumée le 1er juin 2008 lors d'un gigantesque incendie qui avait ravagé les installations d'Universal à Hollywood. 

Parmi ces enregistrements se trouvaient des oeuvres, parfois uniques, de stars légendaires comme Billie Holiday, Louis Armstrong, Bing Crosby, Ella Fitzgerald, Sonny and Cher, Joni Mitchell, Eric Clapton, Elton John, Janet Jackson, Nirvana ou Tupac.

"Je vais être clair: nous devons la transparence à nos artistes", écrit Lucian Grainge, PDG d'Universal Music Group (UMG), dans un mémo publié par la lettre spécialisée Music Business Worldwide.

"Nous leur devons des réponses. Je vais m'assurer que les hauts responsables de cette société s'y engagent, à commencer par moi", poursuit M. Grainge, qui a pris la tête de cette filiale du groupe français Vivendi trois ans après l'incendie.

Les révélations du New York Times sur l'impact de cet incendie ont secoué l'industrie musicale, en particulier les artistes, dont certains ont accusé UMG d'avoir minimisé le désastre pour éviter d'avoir à rendre des comptes.

Howard King, avocat de Los Angeles spécialisé dans le divertissement, est d'ailleurs en train de monter des dossiers au nom de certains artistes et pourrait déposer plainte dès la semaine prochaine, a appris l'AFP auprès de son cabinet.

Selon Lucian Grainge, les informations de presse sur les conséquences de l'incendie "ont suscité des spéculations, et il est complètement inacceptable que nos artistes et auteurs ne sachent pas si ces spéculations sont exactes".

Le PDG appelle donc à "redoubler d'efforts pour préserver le riche héritage culturel sur lequel notre industrie est fondée."

Filiale de Vivendi dont le siège est à Santa Monica, près de Los Angeles (Californie), Universal Music Group est considéré comme l'un des trois géants de la musique dans la monde, avec Sony Music Entertainment et Warner Music Group.

Mais la part de marché détenue par UMG est presque deux fois plus importante que son challenger Sony, grâce notamment à des poids lourds comme Ariana Grande et Drake, ainsi qu'un colossal catalogue d'artistes disparus, tels Frank Sinatra ou Queen.