Hedimag, constructeur de commerces mobiles, à Hazebrouck (Nord), a encore fait preuve d'inventivité pendant la crise du coronavirus en créant une unité mobile de dépistage de la maladie. Au premier jour du confinement, alors qu'il doit fermer son atelier, Hervé Diers, fondateur de la société, tout seul devant son ordinateur, transforme une remorque de friterie (il a fait celle des « Tuche » ou encore de « Bienvenue chez les Ch'tis ») en camion de test pour Covid. Façade en Plexiglas, plan de travail, lave-mains, rangement avec bac étanche et sas de déshabillage à l'extérieur. Il décrochera un contrat avec Synlab, pour qui il en a réalisé quatorze.

Pour ce patron autodidacte, qui se plaît à raconter qu'il n'a « qu'un bac farine » - un CAP de boulanger - « notre force est de nous adapter à la demande, chaque véhicule est différent ». Il vient de livrer un triporteur-kiosque de la tour Eiffel. Cet hiver, il transformera une déneigeuse en restaurant d'altitude pour l'Alpe-d'Huez. Il avait fait la première pour Val Thorens il y a quatre ans.

L'atelier d'Hazebrouck, qui compte trente personnes (carrossiers, plombier, électricien...), sort habituellement 250 véhicules par an. Avec la crise, il accuse un manque à gagner de 60 camions, un retard qui a fait tomber le chiffre d'affaires de 6,8 à 5,9 millions d'euros pour l'exercice juste clôturé. Retard que l'entreprise commence à rattraper. Un ouvrier travaille par exemple sur une pizzeria avec four à bois, un autre sur un semi-remorque de 15 mètres pour une boulangerie mobile avec four industriel. Un autre encore transforme une caravane américaine vintage Airstream en food-truck. Dans un autre coin, c'est un camion-bar à huîtres ou, en face, une rôtisserie.

Report d'investissement

Maintenant que l'engouement des food-trucks est passé - « on en vendait un par jour », se rappelle-t-il -, les demandes portent aujourd'hui plutôt sur des services ambulants : toilettage pour chien, coiffeur ou salon d'esthétique. Hedimag a même réalisé le camion de développement photo pour le photographe JR.

Craignant pour l'avenir, le dirigeant a reporté à 2021 un investissement de 1 million d'euros dans des machines à commande numérique pour la découpe de panneaux et l'assemblage. Le Groupe totalise 50 salariés, avec une agence à Nîmes et la société Hedicom, créée en 2014, pour la signalétique des véhicules.