Soixante-treize ans après, plane toujours "le spectre d'un carnage impensable", a déclaré Antonio Guterres, premier patron de l'ONU en exercice à assister à la cérémonie d'hommage aux victimes dans cette cité.

Les puissances nucléaires dépensent "d'énormes sommes" pour moderniser leur arsenal et "les processus de désarmement ont ralenti et se sont même arrêtés", a-t-il déploré.

"Il y a un besoin urgent de désarmement de toutes sortes, et plus particulièrement nucléaire", a insisté M. Guterres. 

Le maire de Nagasaki, Tomihisa Taue, a livré un message similaire.

"Il reste encore aujourd'hui, 73 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, 14.450 têtes nucléaires dans le monde", a-t-il rappelé. "Le plus inquiétant pour les régions qui ont subi un bombardement nucléaire est la tendance à nouveau visible qu'ont certains pays à renforcer leur puissance militaire au moyen d'armes nucléaires en soutenant imperturbablement que de telles armes sont nécessaires", a insisté l'élu.

Cette commémoration se déroule sur fond d'inquiétudes persistantes relatives à la menace nucléaire nord-coréenne, même si le climat s'est largement amélioré sur la péninsule depuis le début de l'année. Les ambitions militaires du président américain Donald Trump, qui a décidé de moderniser l'arsenal nucléaire de son pays, inquiètent également.

Comme chaque année, une cloche a retenti jeudi à 11H02 locales (02H02 GMT), l'heure exacte à laquelle explosa la bombe atomique, le 9 août 1945, et la foule s'est figée pour une minute de silence.

Baptisé "Fat Man", l'engin destructeur au plutonium, qui a tué 74.000 personnes, a été largué par les Américains sur Nagasaki trois jours après "Little Boy", à l'uranium, qui avait anéanti Hiroshima, provoquant la mort de 140.000 personnes. 

Le 15 août, le Japon annonçait sa capitulation, qui ouvrait la voie à la fin de la Seconde Guerre mondiale.