Faire de VivaTech un événement encore plus international. A peine la 2e édition terminée, les organisateurs se tournent vers la prochaine avec l'objectif d'en faire la vitrine d'une France qui serait le coeur de l'innovation européenne, voire mondiale...

Porte de Versailles, à Paris, les objectifs fixés ont été dépassés : environ 65.000 personnes ont assisté, durant trois jours, aux conférences, ateliers et démonstrations de ce rendez-vous de la tech organisé par « Les Echos » et Publicis. Avec, cette année, une place prépondérante donnée aux drones, à la réalité virtuelle et aux applications de l'intelligence artificielle.

Parmi les événements qui ont impressionné le public, on retiendra la course de drones organisée par le PMU, durant laquelle les pilotes dirigeaient - depuis le stand du groupe sur VivaTech - les engins situés, eux, sur l'hippodrome de Longchamp, à cinq kilomètres de là. Ou encore le service de « cybervalet » présenté par Valeo et Cisco : un véhicule équipé par Valeo, avec des capteurs et du wi-fi de Cisco, capable de se garer seul dans un parking souterrain. Les deux patrons Jacques Aschenbroich et John Chambers en ont profité pour signer un accord de coopération entre leurs deux groupes dans la mobilité. « Il s'agissait là d'avant-premières. Notre but est d'en montrer de plus en plus », explique Julie Ranty, directrice de VivaTech, consciente que ce type d'annonce fait aussi la réputation des grandes conférences. En cela, VivaTech pourrait alors entrer en concurrence avec le CES, organisé début janvier à Las Vegas. C'est d'ailleurs le défi lancé par Emmanuel Macron dans son discours : faire de l'événement parisien le « nouveau CES ». « Jusqu'à présent le moment le plus visible de l'histoire de Macron avec la French Tech, c'était le CES. Macron a VivaTech, c'est le signe que la relation se poursuit et que la French Tech peut aussi montrer sa force à Paris, en attirant des investisseurs et partenaires étrangers », affirme Stéphane Alisse, directeur du département tech et services de Business France en Amérique du Nord.

Outre les précisions données par le président de la République sur le nouveau French Tech Visa et sa promesse de campagne d'un fonds de 10 milliards d'euros destiné à « financer les sociétés en hypercroissance », les trois jours ont vu la visite de plusieurs ministres, Muriel Pénicaud, Elisabeth Borne ou Bruno Le Maire, et politiques comme Valérie Pécresse ou Anne Hidalgo. Côté patrons, les têtes d'affiche telles que Eric Schmidt (Google), Daniel Zhang (Alibaba) et David Kenny (IBM Watson) ont fait se déplacer les foules, même si cela n'était rien comparé à la cohue qui a entouré la visite d'Emmanuel Macron. On retiendra les confidences de Daniel Zhang, expliquant qu'un jour normal, Alibaba livrait 55 millions de colis à travers la Chine, tandis qu'Eric Schmidt exposait sa vision optimiste de l'avenir, où les machines aideront les humains dans les tâches qu'ils ne sont pas capables de faire. Et de citer en exemple la traduction, « un problème désormais résolu ».

Dernière composante de l'événement : la relation entre grands groupes et start-up, en place dans les 20 « labs » établis par les partenaires sur le Salon. L'an dernier, plusieurs rencontres avaient débouché sur des partenariats concrets, comme celui entre Recast.ai et Webhelp sur les chatbots, ou celui entre TF1 et Lucette, une start-up qui utilise le Big Data pour recommander des produits cosmétiques. « La relation entre grands groupes et start-up reste l'ADN de VivaTech, mais nous avons voulu lui donner une dimension plus internationale cette année, avec notamment la présence de grands investisseurs. Ce sera encore accentué l'an prochain », explique Julie Ranty.

Des intervenants internationaux plutôt enthousiastes par rapport à cette opération séduction de la French Tech, et notamment de son French Tech Visa. « C'est le bon moment de croire dans les start-up et ce visa est très important car il signifie aussi aux autres dirigeants que c'est la bonne voie si vous voulez commencer à encourager le développement économique et l'innovation », affirme le Britannique Duncan Mann, directeur des opérations de Hoxton Analytics.