Le musée Landowski, nouvellement aménagé et qui ouvre ses portes jeudi, renferme 60 sculptures, cinq peintures et dix dessins de cet artiste "attaché au classicisme" mais qui se voulait paradoxalement "résolument moderne", explique la conservatrice Gabrielle Soullier de Roincé. 

Beaucoup sont issus du don de 414 oeuvres et dessins fait par ses héritiers à la ville de Boulogne-Billancourt dans les années 1980.

Car Paul Landowski (1875-1961), couronné par le prix de Rome dès 1900, fut prolifique, notamment en petite statuaire, travail qui lui permettait de financer ses projets de plus grande envergure.

Le sculpteur s'installa à Boulogne-Billancourt dès 1906. Là, dans de vastes ateliers, cet admirateur de Michel-Ange -seul artiste à trouver totalement grâce à ses yeux- s'essaye à toutes les matières: bronze, plâtre, marbre, granit breton. 

Les commandes furent internationales: si Rio de Janeiro lui doit son "Christ rédempteur", planté sur le mont Corcovado, connu du monde entier, la République de Chine lui commanda une statue pour le mausolée de son premier président Sun Yat-sen, flanquée de bas-reliefs sculptés qui "figurent toujours dans les manuels scolaires chinois pour illustrer la vie" de ce leader révolutionnaire, témoigne Elisabeth Caillet, petite-fille de l'artiste.

En France, Landowski, sculpteur officiel de la IIIe République, est omniprésent dans la statuaire de commémoration : on lui doit le monument aux morts du Trocadéro ou encore l'immense "Bouclier aux morts" trônant dans la mairie du XVIe arrondissement de Paris, et l'austère statue de "Sainte-Geneviève" se dressant sur le pont de la Tournelle au pied de Notre-Dame-de-Paris. Il est aussi présent au Père-Lachaise, aux Invalides et au jardin des Tuileries avec "Les fils de Caïn".

Au total, Paris lui doit "42" monuments, dénombre Mme Caillet, qui a collaboré à l'élaboration du musée.

Ce dernier met particulièrement en lumière le grand oeuvre de Landowski, débuté en 1925 et intitulé "Le temple de l'homme". Cet ambitieux projet, synthèse du travail de l'artiste, qui devait retracer en bas-relief et ronde bosse l'histoire de l'humanité, n'a jamais abouti faute de commanditaire. Landowski y travaillera pourtant jusqu'à sa mort.