Malgré un Angleterre-Russie haletant, qui a tenu toutes ses promesses, c'est la gueule de bois ce matin, après les violences qui se sont déroulées à Marseille puis au Vélodrome à l'issue du match.

C'est quoi le foot ? Des brutes qui s'invectivent, s'écharpent et se tabassent à qui mieux mieux dans la fumée des lacrymogènes… Ou une fête, animée par des supporters qui chantent à l'unisson pour leur équipe, comme l'ont fait ceux qui étaient présents hier au vélodrome… Vu les scènes de baston qui se sont produites hier à Marseille, en on viendrait presque à douter de la réponse. Elle devrait pourtant aller de soi. Sauf qu'une fois de plus, le foot sert d'exutoire à une frange d'individus, venus à l'Euro pour se mettre minable et en découdre. Une minorité bien sûr, mais dont l'impact médiatique, renforcé par le pouvoir des images qui tournent en boucle, est énorme.

Place au terrain malgré tout

On va finir par croire que les Anglais sont maudits ! Alors que leur équipe menait 1-0, ils se sont fait rejoindre à la dernière minute des arrêts de jeu, sur une tête en cloche un peu chanceuse de Berezoutski, le capitaine russe. Pfuit, envolés d'un coup les 3 points de la victoire et la tête du groupe B. Pourtant, ce succès, nos voisins britanniques le voulaient vraiment. Imaginez ! En 8 participations à l'Euro, ils ne sont jamais parvenus à remporter leur premier match de la compétition. Là, c'était dans la poche, ils avaient maîtrisé leur sujet, planté un but au bon moment (plus que 20 minutes à dérouler), et ne subissaient pas leur adversaire. Oui, sauf qu'au foot, tant que l'arbitre n'a pas sifflé la fin des débats… On mettra ce raté sur le compte de l'inexpérience - l'équipe aux trois lions possède le plus jeune effectif de l'Euro, 25 ans de moyenne d'âge - mais on retiendra aussi que cette séduisante sélection britannique, résolument tournée vers l'avant, possède un jeu très séduisant et a de quoi nourrir de belles intentions.

Du côté de Lens

Hier après-midi à Bollaert, on a aussi assisté au match opposant les deux futurs adversaires de la France. La Suisse l'a emporté contre l'Albanie, avec un petit but d'écart. Un succès précieux mais guère convaincant, face à une équipe albanaise réduite à 10 dès la demi-heure de jeu et qui aurait même pu arracher le match nul en fin de partie, si le gardien helvète n'avait pas sauvé son équipe dans un ultime face à face. Même si la France est largement favorite sur le papier, il faudra se méfier des aigles albanais, qui seront leurs prochains adversaires dans 3 jours à Marseille, car ils ont montré qu'ils ne voulaient pas se contenter de jouer les figurants pour leur première participation à l'Euro. D'autant que leur gardien, Berisha, cueilli à froid sur le seul but du match (et au demeurant coupable), a ensuite magistralement étouffé toutes les occasions de but suisses. En position de favoris, les Bleus devront être plus aiguisés que face à la Roumanie, pour absorber l'impact physique des « Kuq e Zinjtë » (les « rouge et noir ») et se mettre à l'abri. Ils devront également se rappeler qu'il y a un an, presque jour pour jour, cette équipe leur avait infligé un cuisant revers (0-1) en match de préparation, à Elbasan. Ils sont prévenus.