La réforme de la taxe d'habitation était une des mesures phares de la campagne d'Emmanuel Macron, et le président entend bien que tous les Français concernés en voient la couleur dès l'an prochain. Gérald Darmanin a détaillé mercredi à l'Assemblée les modalités de la politique gouvernementale en la matière. Et elles vont dans ce sens. « Tous les ménages auront un tiers de moins à payer pour la taxe d'habitation en 2018 », a expliqué le ministre des Comptes publics lors d'une audition devant la commission des Finances au Palais-Bourbon.

A l'horizon 2020

Cette décision, pour logique qu'elle paraisse, n'avait rien d'une évidence. Après avoir envisagé de la repousser d'un an en 2019, le gouvernement a décidé brusquement dimanche d'enclencher dès l'an prochain la première des trois tranches d'exonération de taxe d'habitation, exonération qui sera donc totale pour 80 % des Français à l'horizon 2020. Sans savoir à ce moment là qui allait bénéficier de ce premier tiers, qui coûte 3 milliards d'euros pour les finances publiques. Mardi, le gouvernement semblait pencher pour concentrer cette baisse sur les ménages les plus modestes. Cette option avait l'avantage de rendre plus visible l'une des autres promesses d'Emmanuel Macron, la compensation de la hausse de la CSG sur les retraités modestes. Viser les ménages les moins aisés, c'était en effet viser cette catégorie de la population. Privilégiée mardi, cette option a donc été abandonnée mercredi. Cette première tranche d'exonération sera donc un peu plus saupoudrée, avec l'avantage toutefois que tous les bénéficiaires potentiels de la réforme y goûtent dès 2018.

En revanche, il est une autre réforme populaire que les Français devront très probablement attendre. Durant sa campagne, Emmanuel Macron avait annoncé qu'il remettrait en place la fameuse défiscalisation des heures supplémentaires (en réalité leur exonération de cotisations sociales). La mesure n'est plus évoquée depuis plusieurs semaines. « L'engagement sera tenu », a juré le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, devant la commission des Finances, avant d'ajouter : « Quelle date ? Nous verrons. »