Le chef d'entreprise, quelles que soient ses bonnes dispositions, est immanquablement amené à devoir dire non à ses salariés. Un non brutal risque cependant de les froisser et mieux vaut savoir faire preuve d'un peu de diplomatie dans ce domaine. Rien ne sert de se mettre dans une position de refus entêté et de démoraliser un salarié, dont la productivité risque d'être affectée, alors qu'il ferait certainement un bien meilleur travail s'il avait le moral.

Ferme sur le fond, mais souple au niveau de la forme

Le pouvoir de direction du chef d'entreprise lui donne certes toute latitude pour refuser une demande de ses salariés, mais un non brutal et sans explication risque de tendre inutilement le climat au sein de votre société, en heurtant un salarié qui s'estimera bafoué.

La première chose à faire est d'expliquer le motif du refus. Si par exemple vous ne pouvez augmenter un salarié méritant parce que la situation financière de l'entreprise est tendue, dites-le lui, tout simplement. Cela ne lui fera pas plaisir, mais il comprendra plus aisément un refus motivé qu'un non catégorique !

La forme importe également. Prenez le temps de recevoir le salarié dans votre bureau plutôt que de lui parler en vitesse sur un palier. Ecoutez-le même si vous savez que son discours ne changera rien à votre décision, et expliquez clairement les raisons de votre décision. Ce temps que vous passez avec lui représente un témoignage non verbal de votre estime pour lui et de l'importance qu'il a pour l'entreprise. Le pire message à délivrer à un salarié qui a une demande à vous faire, quelle qu'elle soit, est de lui dire "je n'ai pas le temps". Cela implique qu'il intervient en second plan au regard de vos autres activités. Au contraire, lui accorder un temps raisonnable, c'est le valoriser, lui montrer qu'il compte, ce qui atténuera un peu sa déception.

Le chef d'entreprise doit avoir une main de fer dans un gant de velours, en restant ferme sur ce qui est essentiel mais en sachant garder la souplesse nécessaire à un bon climat social au sein de la société.

Faites votre possible pour accorder d'autres avantages

La demande d'un salarié est souvent, au-delà de la demande littérale qu'il vous soumet (une augmentation par exemple), une demande implicite de considération. Si vous pouvez lui accorder des avantages qui lui feront plaisir, vous montrerez au salarié, au-delà du refus auquel vous avez été contraint, que vous songez à lui.
Le dialogue est important pour déterminer les attentes non exprimées du salarié. En prenant de ses nouvelles, vous apprendrez peut-être qu'un léger ajustement de ses horaires lui faciliterait la vie et lui permettrait de déposer ses enfants à l'école le matin avant de se rendre dans vos locaux. Si un tel ajustement n'a pas ou peu d'impact sur la vie de l'entreprise, proposez-le lui spontanément, vous ferez un salarié heureux sans que cela ne vous coûte grand chose !

De même, faites preuve de compréhension dans les dates de congés lorsque le salarié subit des contraintes extérieures qui dépendent par exemple de son conjoint ou des périodes durant lesquelles il a la garde de ses enfants lorsqu'il est séparé.

Le chef d'entreprise, en faisant preuve d'écoute et d'empathie, peut ainsi compenser son refus par des faveurs sans conséquences budgétaires pour l'entreprise mais appréciables pour le salarié.