Nutri-score. Sous ce nom un peu obscur se cache une transformation profonde des emballages en supermarché. Il s'agit d'un code couleurs, qui classe les aliments de A à E et du vert au rouge. Il sera apposé sur les produits. Plus lisible que les tableaux actuels, il doit contribuer à lutter contre l'obésité. La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a annoncé mardi dans « Le Parisien » qu'il serait mis en place dès le mois d'avril.

 

Comment fonctionnera cet étiquetage ?

 

Nutri-score classe les produits selon un système de points négatifs et positifs. Le classement va ainsi prendre en compte l'énergie (alcool, glucides, lipides et protides), les sucres simples, les acides gras saturés et le sel. Plus ces quatre éléments sont présents, moins bonne sera la note. Mais comme tout n'est pas blanc ou noir, Nutri-score veut aussi contrebalancer : la présence de fruits ou de légumes, de noix, de fibres ou de protéines, apporte des points positifs. La somme des points va donner l'étiquetage présent sur l'emballage : de A (vert foncé) à E (rouge) en passant par B (vert clair), C (jaune) et D (orange). Les modalités de calcul sont différentes entre solides et liquides.

 

quels produits sont concernés ?

 

Sont concernés « tous les aliments bruts, préparés, industriels, emballés et plats de restauration collective ». Marisol Touraine précise que les aliments du terroir ne seront pas inclus. Officiellement, il ne s'agit pas de forcer les consommateurs à choisir entre un produit sain ou non, mais plutôt de distinguer quel produit est le moins gras, salé ou sucré entre plusieurs marques.

 

Est-il obligatoire ?

 

Non. Comme le précise la ministre, « les règles européennes ne le permettent pas ». Nutri-score restera donc facultatif, mais Marisol Touraine veut croire à un « effet boule de neige » dès que quelques industriels s'y mettront. Le gouvernement compte également sur la pression des associations de consommateurs qui ont défendu depuis des années cet étiquetage.

 

comment réagissent les industriels ?

 

Pour le moment, les industriels jouent la montre. Dans un communiqué, l'Association nationale des industries alimentaires (Ania) dit attendre « la présentation officielle des résultats de l'expérimentation en conditions réelles prévue dans les prochains jours, par respect pour les parties prenantes impliquées ». Le lobby industriel rappelle les conclusions de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), rendues publiques le 15 février. Elles estimaient que « la pertinence nutritionnelle des systèmes d'information nutritionnelle examinés dans une perspective de santé publique [n'était] pas démontrée ».Cependant, le fait que l'Anses soit financée par les industriels avait été pointé du doigt.

 

pourquoi maintenant ?

 

Nutri-score a été présenté par le professeur Serge Hercberg, qui travaille à l'Inserm, en 2014. Ce projet était l'un des quatre retenus pour l'expérimentation, dont le principe a été acté par la loi santé, votée en avril 2015. Mais l'étiquetage par couleur a été combattu pied à pied par les industriels, comme l'a montré une enquête de « Cash Investigation » sur France 2. En décidant mardi d'un système d'étiquetage, dont les décrets seront pris début avril, Marisol Touraine a donc voulu accélérer, sans attendre les conclusions officielles.

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