Le diplôme rempart contre le chômage ? Malgré le coup de frein de la crise de 2008, rentrer sur le marché du travail trois ans ou plus après avoir arpenté les amphithéâtres de la fac ou d'une grande école assure toujours une insertion professionnelle rapide à défaut d'être celle qui est souhaitée. C'est ce que montre le baromètre inédit publié ce vendredi par l'Association pour l'emploi des cadres (Apec), qui s'est attaché à connaître la situation de jeunes douze mois après avoir obtenu leurs licence, master ou titre d'ingénieur.

De cette situation, mesurée sur la promotion 2015, il ressort - globalement - que neuf jeunes sur dix ont décroché un premier emploi, et que huit sur dix en occupent un au bout d'un an. Les chiffres sont quasiment les mêmes quel que soit le nombre d'années d'études, mais pas en ce qui concerne les conditions d'emploi : rémunération médiane brute annuelle de 21.600 euros pour les bac + 3 ou 4 contre 28.000 pour ceux qui ont poursuivi au-delà ; taux de CDI de 45 % pour les premiers contre 55 % pour les seconds ; ou encore accès aux postes de cadres de 9 % contre 53 %. Qui plus est, les taux d'insertion varient assez sensiblement selon les filières. Pour les bac+5 et plus par exemple, il vaut mieux opter pour les sciences technologiques que pour les sciences fondamentales.

« L'accès au premier emploi reste difficile »

« La tendance est bonne même s'il ne faut pas tomber dans l'euphorie », résume Jean-Marie Marx, le directeur général de l'Apec. Mieux, les incertitudes liées à la campagne présidentielle ou au Brexit n'ont pas eu d'effet sur les intentions d'embauches, ce que montre également le sondage de Pôle emploi sur les besoins de main-d'oeuvre tout juste publié (« Les Echos » du 20 avril). « Nous sommes en période de reprise », se félicite Pierre Lamblin, directeur du département étude et recherche de l'Apec. Faute de pouvoir trouver le « mouton à cinq pattes » - dix ans d'expérience, salaire modéré - les employeurs vont davantage se tourner vers les débutants. Et pourtant. Quand on leur demande de manière ouverte leur perception sur la situation du marché du travail, les jeunes diplômés se montrent... assez négatifs ! Les mots qui reviennent le plus sont « difficile », « compliqué » ou « tendu », sans oublier « sous-payé » ou « précaire ». Le fait d'occuper un poste de cadre en CDI n'y change rien. Amélioration de la conjoncture de l'emploi oblige, il est probable que la perception s'améliorera pour la promotion 2016. Il n'en reste pas moins que « l'accès au premier emploi reste difficile », confirme Jean-Marie Marx chiffres à l'appui : douze mois après avoir fini leurs études, quatre bac+5 et plus sur dix occupent un emploi « alimentaire » ou n'en occupent pas.