Médecins sans frontières (MSF) a annoncé samedi la suspension des activités du Prudence, le plus gros des navires de secours aux migrants en Méditerranée, à la suite de l'interdiction lancée par la marine libyenne aux navires étrangers.

"Les Etats européens et les autorités libyennes sont en train de mettre en oeuvre conjointement un barrage à la possibilité pour des personnes de chercher la sécurité. C'est une attaque inacceptable à la vie et à la dignité des personnes", a réagi Loris De Filippi, président de MSF Italie, dans un communiqué.

Le Prudence est le plus gros des bateaux de secours d'ONG actifs au large des côtes libyennes: il avait recueilli notamment un record de 1.500 personnes fin mai.

D'autres ONG prêtes à repartir

L'ONG continuera cependant à assurer la logistique et l'assistance sanitaire sur l'Aquarius de SOS Méditerranée, qui se trouve actuellement dans les eaux internationales, a-t-elle précisé samedi.

La marine libyenne a annoncé jeudi la création au large du territoire d'une zone de recherche et de sauvetage, qu'elle interdit sauf autorisation aux navires étrangers, en particulier aux ONG patrouillant pour secourir des migrants.

En revanche, d'autres ONG, comme l'espagnole Proactiva Open Arms, indiquent se préparer à repartir.

600.000 migrants débarqués en Italie depuis 2014

Médecins sans Frontières refuse de signer le "code de bonne conduite" défini par le gouvernement italien et introduisant des règles précises pour continuer à participer à des opérations de secours au large de la Libye.

La plupart des autres ONG l'ont progressivement avalisé, à l'instar de SOS Méditerranée qui a signé vendredi. L'organisation a estimé que le texte avait été suffisamment amendé : il ne mentionne plus par exemple "le port d'armes" pour des policiers accueillis à bord des navires afin d'enquêter sur des passeurs de migrants. 

Alors que l'Italie a vu débarquer plus de 600.000 migrants depuis 2014, essentiellement passés par la Libye, le gouvernement de centre gauche tente de fermer la route, avec le soutien de ses partenaires européens et de l'Onu.