Au coeur du e-commerce, la livraison s'impose comme un enjeu majeur pour tous les acteurs de ce dernier. Il s'agit de faire vite et bien à moindre coût. Pour ce faire, les géants de la vente en ligne cherchent soit à s'appuyer sur des réseaux existants soit à profiter des technologies les plus récentes en matière de robotisation. Focus sur ces nouveaux modes de livraisons qui se développent ou se développeront dans un avenir proche.

De la livraison en points relais à celle en consignes automatiques

Déjà bien installée dans le paysage commercial français, la livraison en points relais constitue un compromis entre les attentes du client qui désire pouvoir récupérer son colis près de chez lui et les objectifs de rentabilité de la société expéditrice. Ces points relais, installés en petits commerces ou grandes enseignes voire dans les postes permettent au client de récupérer son colis au plus près de son domicile et à l'expéditeur de centraliser ses livraisons du secteur vers un seul point. De la Fnac à Vente-privée.com en passant par La Redoute, tous les labels du e-commerce pratiquent cette forme de livraison. Plus récemment Décathlon a commencé à expérimenter en région parisienne la livraison en consignes automatiques. Une idée particulièrement adaptée à la population parisienne qui transite chaque jour dans les gares de la capitale et de ses environs.

Le coursier ubérisé

Voilà que l'on reparle d'Uber ! La société américaine de VTC a récemment annoncé le lancement de son offre « UberEats ». S'il s'agit pour l'heure de s'appuyer sur le réseau de VTC pour assurer la livraison à domicile de plats commandés en ligne, la société américaine travaille sur une offre dirigée vers les commerçants et les e-commerçants : l'application Uber Rush, permettra à ces derniers de trouver un coursier immédiatement disponible. De quoi bousculer l'univers du transport comme l'a été celui des taxis !

Amazon et le coffre des Audi

Amazon Allemagne et DHL se sont rapprochés du constructeur automobile Audi pour envisager l'utilisation du coffre des voitures de cette marque comme adresse de livraison de colis. L'idée qui s'appuie sur le système de géolocalisation du véhicule permettrait de livrer les clients qui laissent leur voiture sur un parking accessible pendant leurs heures de travail. Techniquement faisable, il reste aux trois sociétés à s'entendre sur la sécurisation du dispositif.

Les robots livreurs

Vous croiserez certainement dans quelques années au détour d'un trottoir un petit engin à roues totalement automatisé et conçu pour le transport d'un plat ou de colis. La start-up estonienne Starship Technologies a d'ores et déjà franchi le cap de la R&D : ces robots vont emprunter les trottoirs de plusieurs villes européennes dont Bern et Londres au profit notamment du célèbre grossiste Metro.

Le drone

Certainement l'évolution la plus spectaculaire ! Ces petits engins volants pourraient à termes sillonner le ciel de nos villes et de nos campagnes pour livrer des marchandises de toutes sortes. Si techniquement, la solution ne pose pas de problème puisque le chinois Alibaba l'a déjà expérimenté avec succès, l'homologation complète reste un écueil important à surmonter : il s'agit d'obtenir le blanc-seing en matière de sécurité aérienne et de sûreté. Le drone livreur doit pouvoir se fondre sans danger dans l'espace aérien, même s'il évolue à basse altitude, et ne pas représenter de danger pour les personnes et les biens survolés. Si Amazon avec son offre Amazon Prime Aire semble progresser aux USA dans ce domaine, Domino's Pizza qui rêve de livrer ses pizzas par air en France devra certainement attendre. La situation sécuritaire dans l'hexagone va probablement compliquer le processus d'homologation.

Les acteurs traditionnels de la livraison sont avertis : la numérisation et l'évolution rapide des technologies robotiques initient une révolution complète du secteur portée par le boom du e-commerce ! Ceux-ci doivent prendre les devants sous peine de se voir totalement contournés par des offres alternatives de plus en plus performantes.