Rencontre avec le créateur de cet assistant d'alerte et de sauvetage en mer sur mobile, axé sur la géolocalisation et la solidarité.
Un projet qui a reçu le 2ème prix du concours Orange propulse, bravo !

Qui êtes-vous ? Que proposez-vous ?

Pascal Vertanessian, 55 ans, entrepreneur, passionné de yachting et de nouvelles technologies. Sans cesse en veille technologique, c'est logiquement que j'ai pris le virage des nouvelles technologies de l'information et en particulier, récemment, de l'internet des objets.

L'idée fondatrice de LINKYTAG est de proposer aux plaisanciers un assistant d'alerte et de sauvetage en mer sur téléphone mobile, principalement axé sur une procédure de géolocalisation d'homme à la mer. Couplé à un ou plusieurs capteurs, LINKYTAG permet d'automatiser et de suivre les procédures d'alerte pour faciliter et accélérer le sauvetage. Son réseau communautaire fait appel à la solidarité des gens de mer et diffuse automatiquement l'information en temps réel à tous les plaisanciers présents à proximité d'un incident pour qu'ils puissent venir porter assistance.

LINKYTAG s'adresse prioritairement à la majorité des plaisanciers naviguant sur des embarcations de taille modeste, peu équipées en électronique de bord, évoluant essentiellement dans la zone de navigation côtière, majoritairement couverte par les opérateurs GSM.

Deux déclinaisons du produit nous permettront bientôt d'être présents aussi sur le marché des sports de glisse et des professionnels du nautisme.

Découvrez la vidéo de présentation de LinkyTag :

D'où vous vient cette idée d'entreprise ?

C'est en travaillant sur les objets connectés que l'idée a germé d'en créer une application à la plaisance et aux loisirs nautiques, en particulier à la sécurité des biens et des personnes en mer. Une conjugaison de mes centres d'intérêt, de mes compétences et de mon réseau, pour créer un écosystème à la fois novateur, créateur de richesse et solidaire.

Vos projets dans les mois à venir ?

La présentation des prototypes au salon nautique international de Paris, en décembre dernier, a été un succès tant auprès du public, que de la presse et des professionnels du secteur. Des négociations sont engagées pour la distribution en France et en Europe, et des partenariats sont en cours de discussion, avec des compagnies d'assurance et des équipementiers nautiques, en vue d'intégrer en marque blanche notre produit à leurs offres commerciales.

Fort de ce succès, nous avons décidé de réfléchir à la modification de notre process industriel pour tenter de fabriquer nos capteurs en Europe, et si possible en France, plutôt qu'en Asie, apportant ainsi une nouvelle plus-value à notre produit. La date de commercialisation de LINKYTAG a été fixée en juin prochain. Nous menons donc de front la création de la société, l'industrialisation de notre produit et la préparation de sa commercialisation.

Votre devise ?

Il y en a plusieurs qui me guident mais celle qui représente le mieux l'engagement et l'entreprenariat pour moi est une phrase d'Antoine de Saint-Exupéry :  « L'avenir, il ne s'agit pas de le prévoir mais de le rendre possible. »

Le chef d'entreprise que vous admirez le plus ? Pourquoi ?

Je ne m'étais jamais posé la question sous cette forme puisque j'ai tout près de moi un modèle qui m'est plus que cher : mon papa... Mais si je dois en choisir un autre, ce serait peut-être Rafi Haladjian, parce qu'il a toujours su, dans le domaine des NTIC, être visionnaire, précurseur et moteur de l'innovation :

  • En 1984, il crée FranceNet, l'un des 1ers opérateurs Internet en France.
  • En 2002, il crée Ozone, le 1er réseau wifi communautaire qui couvre en quelques mois plus de 65% de Paris.
  • En 2003, il crée Violet, avec déjà l'ambition de connecter tous les objets à Internet et le lancement du Nabaztag, 1er objet connecté au monde !
  • En 2010, il crée la société Sen.se et développe une plateforme pour les objets connectés et des capteurs pour collecter des données de la vie quotidienne. Concrétisé en 2014, par le lancement de « Mother » sur le marché des objets connectés.

Vos 3 conseils à un futur entrepreneur ?

La démarche entrepreneuriale est difficile et semée d'embûches mais la satisfaction que l'on en retire est terriblement galvanisante. Entreprendre, c'est être passionné et vouloir créer des choses nouvelles. Mes conseils seraient :
-    Etre réactif, aller vite et ne jamais rester sur ses acquis,
-    Ne pas craindre la concurrence et savoir garder un coup d'avance,
-    Accepter d'échouer mais d'échouer mieux à chaque fois.

La question qu'on ne vous pose jamais mais à laquelle vous aimeriez répondre ?

« Comment est-on encore entrepreneur à 55 ans ? »

J'ai présenté mon projet à plusieurs concours de « startups » et si nous avons toujours atteint les finales, je vois bien que la question brûle les lèvres du jury sans jamais être vraiment posée.

Effectivement je n'ai pas forcément le profil stéréotypé du fondateur de startup, mais je me sens pleinement entrepreneur, c'est je pense avant tout un état d'esprit.  Je suis engagé et passionné et je m'appuie sur mon expérience pour à la fois concrétiser mon projet, entrainer avec moi une équipe jeune et investie et enfin convaincre les clients et les partenaires. Je le vis donc plutôt comme une qualité, cette expérience me permet aussi de mesurer combien la plus-value d'un projet entrepreneurial va bien au-delà de la simple création d'une activité et de valeur économique, elle offre une dimension humaine et sociale tout aussi importante.

 

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