Depuis son mariage avec l'UPA (devenu U2P au passage), l'Unapl joue dans la cour des grands. Et entend bien le faire savoir. L'organisation qui défend les intérêts des professionnels libéraux a présenté ce jeudi ses priorités pour le prochain quinquennat. Avec un fil rouge : les normes sociales et fiscales doivent désormais partir des besoins des petites entreprises et non des grandes. « C'en est fini de l'hégémonie d'une seule et unique organisation patronale», a souligné Michel Chassang, président de l'Unapl. Sous-entendu : le Medef ne doit plus avoir le monopole des pourparlers avec le gouvernement pour les réformes.

 

Non à la suppression du RSI

 

Outre les revendications communes à l'ensemble du patronat (transformation du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi en baisse de charges, suppression du compte pénibilité), l'Unapl a des préoccupations qui sont propres à ses adhérents. Notamment sur le volet fiscal. Compte tenu du fait que 60 % des professionnels libéraux sont soumis à l'impôt sur le revenu (IR) et non à l'impôt sur les sociétés (IS) pour leur activité professionnelle, l'Unapl propose d'instaurer pour ces derniers une baisse de 5,33 % de l'IR, afin de se calquer sur la baisse du taux de l'IS programmée d'ici à 2020 (de 33,33 % à 28 %).

Dans la même logique, Michel Chassang reprend une idée qui avait été défendue par le rapport de Laurent Grandguillaume sur les travailleurs indépendants en 2013 : taxer à 15 %, au lieu de 33,33 %, les bénéfices réinvestis dans l'entreprise. Une proposition défendue depuis très longtemps par la CPME.

Sur le volet protection sociale, l'Unapl s'oppose à la suppression du Régime social des indépendants (RSI), qui est pourtant proposée par la quasi-totalité des candidats à la présidentielle. « Il faut préserver l'indépendance et la spécificité de nos régimes de retraite, estime Michel Chassang. Le RSI a été une catastrophe industrielle due à une fusion de systèmes informatiques non compatibles. On ne va pas refusionner des systèmes maintenant alors que les choses commencent à aller mieux ! »

Les chiffres clefs

en France sont dirigées par des professionnels libéraux.C'est le chiffre d'affaires de l'ensemble des professions libérales, soit 11 % de la valeur ajoutée nationale.