Méthode alternative de financement, le crowdfunding peut être la solution pour obtenir un capital suffisant pour créer son entreprise, particulièrement dans le contexte actuel où les banques sont plus frileuses à accorder des crédits. Qu'est-ce que le crowdfunding ? Est-il adapté à tous les projets ?

Fonctionnement du crowdfunding

Plus connu en France sous l'appellation de financement participatif, le crowdfunding est une technique visant à obtenir tout ou partie des fonds nécessaires pour lancer son entreprise ou l'un de ses projets. Une opération qui s'effectue par le biais de plateformes internet spécialisées, opérant la mise en relation entre demandeurs et épargnants.

Chaque candidat rédige une présentation détaillée de son projet, précisant le budget nécessaire pour le réaliser ainsi que le temps imparti pour récolter les fonds. Celle-ci est visible par tout internaute, qui, s'il est intéressé, peut alors décider de participer au financement de l'opération.

Le crowdfunding prend différentes formes : le don sans contreparties, le prêt avec ou sans intérêts, la prise de capital donnant droit à d'éventuels dividendes ou à une plus-value lors de cession des parts.

Succès croissant du crowdfunding

Si le crowdfunding existe depuis de nombreuses années, celui-ci prend de plus en plus d'ampleur depuis le début de la dernière décennie. En 2013, il a ainsi permis de financer pas moins de 32 317 projets, représentant 78,3 millions d'euros collectés auprès de 308 829 contributeurs*. En cause, la force d'impact d'internet et des réseaux sociaux. Mais aussi, le besoin grandissant des internautes de placer leur argent en toute transparence et dans des projets qu'ils jugent utiles.

Largement déployé pour des projets associatifs, humanitaires, artistiques ou encore culturels, les entreprises ne sont, toutefois, pas en reste, et profitent bien au contraire de cette méthode. Elles représentent 44% des projets financés l'année dernière. L'entreprise Milémil a pu lancer la production de ses premières chaussures à crampons « made in France », Overade ses casques à vélo pliables et AAARG ! le numéro 1 de sa revue bimestrielle, grâce à leurs appels aux financements sur le site Ulule.

Aujourd'hui, il existe plus d'une trentaine de plateformes participatives en France, spécialisées dans un domaine ou plus généralistes.

Précautions à prendre

Le crowdfunding apparaît comme une opportunité et une alternative au crédit bancaire, afin de trouver des fonds pour la création de son entreprise ou le lancement de l'un de ses projets.

Faire appel à cette méthode ne s'improvise pas. Le demandeur doit impérativement rédiger un appel à projet le plus précis possible incluant l'historique, le descriptif, le besoin financier, les différents montants qu'il est possible de verser et les contreparties offertes. Outre le fait qu'il doit susciter l'envie des épargnants d'investir, il doit aussi les rassurer en termes de fiabilité du projet. Un bon appel à projet requiert donc du temps et un fort niveau d'implication.

Le crowdfunding doit rentrer dans un cadre réglementaire bien défini : la méthode comporte une part de risques plus importante qu'un financement classique. Il convient de bien se renseigner, les textes de référence devant évoluer dans le courant de l'année, notamment concernant l'ouverture des droits jusqu'à 1 000 euros d'intérêts pour les particuliers dans le cadre des prêts, cette rétribution étant jusqu'alors réservée aux organismes bancaires.

Le dernier élément concerne la rémunération des plateformes participatives, qui s'opère le plus souvent sous la forme d'une commission comprise entre 5 et 12% sur les sommes récoltées. Il est donc indispensable d'en tenir compte dans le calcul de votre besoin en financement.

Les plateformes participatives sont aussi un bon moyen pour tester son projet face au grand public.

* Données issues du baromètre APCE 2013