Lentement mais sûrement ? Le taux de chômage a baissé en 2016, pour la deuxième année d'affilée. Mesuré par l'Insee en appliquant les critères du Bureau international du travail (BIT), il est retombé au quatrième trimestre à 9,7 % de la population active en métropole (10 % pour la France entière, hors Mayotte). Soit une baisse sur un an de 0,2 point, semblable à celle qui avait été calculée en 2015 à pareille époque.

Un peu moins de 2,8 millions de personnes sont toujours au chômage, selon cette définition. Soit 68.000 de moins que l'an dernier à la même époque. Mais il faut ajouter, pour avoir une vision plus complète, 1,48 million de personnes composant ce que le BIT appelle le « halo autour du chômage », une population dont les effectifs ont crû, eux, de 65.000. A titre de comparaison, Pôle emploi recensait 6,24 millions de demandeurs d'emploi fin décembre, toutes catégories confondues, l'écart avec les statistiques de l'Insee s'expliquant en grande partie par les différences de méthodes (lire ci-contre).

Dans le détail, la baisse du taux de chômage sur un an a profité aux 15-24 ans (- 0,7 point), la situation des 25-49 ans étant dans la moyenne globale, tandis que celle des plus de 50 ans est restée stable. La baisse du taux de chômage de longue durée reste aussi limitée (-0,1 point). Le taux de personnes en sous-emploi, c'est-à-dire des personnes à temps partiel mais qui souhaitent travailler davantage, a baissé de 0,4 point.

La ministre du Travail, Myriam El Khomri, a mis en avant la « cohérence » de ces chiffres avec la nette reprise des embauches. Le secteur privé a créé près de 192.000 emplois l'an dernier, un chiffre presque deux fois plus élevé qu'en 2015, et au plus haut depuis 2007, l'année d'avant la crise financière (« Les Echos » du 13 février).

Le BTP repart

Le secteur du BTP, notamment, est reparti, profitant des mesures de baisse des charges sur les bas salaires. Le nouveau recul du taux de chômage, « conforte le constat objectif de l'amélioration de la situation économique », a ajouté Myriam El Khomri. Attention, tempère Géraldine Rieucau, chercheur au CEET, « l'emploi semble bénéficier des mesures de baisse des charges et d'une attitude moins frileuse des entreprises, mais c'est au prix d'une hausse du temps partiel et des petits boulots ».

Reste à savoir si la tendance va se poursuivre. Au ministère du Travail, on assure que les vents restent bien orientés sur le premier semestre, portés par un climat des affaires et un moral des ménages encourageants. Il n'y a toutefois pas de quoi triompher quand on compare la France au reste de l'Europe.

Les statistiques d'Eurostat sur le mois de décembre dans la zone euro font ressortir un taux de chômage pour la France de 9,6 %, égal à la moyenne de celui des dix-neuf Etats membres partageant la monnaie unique. Sauf qu'en décembre 2015, la France faisait mieux (10,2 % contre 10,5 %). Conclusion, la situation s'est améliorée en un an, mais moins que celle de l'ensemble de la zone euro. Qui plus est, douze des dix-neuf Etats membres font mieux que l'Hexagone, comme la Slovaquie (8,8 %) ou la Belgique (7,6 %). Voire beaucoup mieux, comme les Pays-Bas (5,4 %), sans mentionner l'Allemagne (3,9 %)...