Le tribunal administratif de Grenoble a considéré dans son jugement, dont l'AFP a obtenu copie, qu'"il existe un doute sérieux sur la proportionnalité de l'interdiction aux nécessités de l'ordre public".

Le maire de Grenoble avait pris le 13 septembre un arrêté interdisant le spectacle de Dieudonné intitulé "La Guerre" et programmé le 28 octobre au Summum, une salle de spectacles grenobloise pouvant accueillir 2.990 spectateurs assis.

La mairie avait avancé vendredi devant le juge administratif "un risque de trouble à l'ordre public", compte tenu "de nombreuses oppositions à la tenue du spectacle", mais aussi à cause de précédentes manifestations à Grenoble qui avaient "dégénéré fréquemment en affrontements avec la police". 

Pour le tribunal, la mairie "ne soutient pas que (le) spectacle actuel (de Dieudonné) - dont plusieurs représentations avaient déjà été données lorsque l'arrêté a été édicté - contient des propos pénalement répréhensibles ou qui sont, par eux-mêmes de nature à troubler l'ordre public". "Elle ne fait pas davantage état de troubles à l'ordre public qui seraient survenus lors des précédentes représentations", ajoute le juge.

La commune a été également condamnée à verser 800 euros au titre des frais de justice à Dieudonné et à la société de production de la Plume.

"Je prends acte de la décision de justice et je demande au préfet de l'Isère de mettre en oeuvre tous les moyens qu'il estimera utiles pour éviter les troubles à l'ordre public comme notre ville a déjà connus par le passé", a réagi M. Piolle auprès de l'AFP.

Jeudi, la ville de Marseille qui avait signé la location d'une salle de spectacle municipale avec Dieudonné puis annoncé qu'elle ne l'accueillerait pas, s'est vu enjoindre par la justice de "respecter la convention de location de la salle du Dôme et de laisser s'y dérouler, le 19 novembre 2017, le spectacle de M. M'Bala M'Bala" (le véritable nom de l'humoriste controversé).

Fin 2013 et début 2014, plusieurs représentations d'un précédent spectacle du polémiste, déjà condamné pour incitation à la haine raciale et antisémitisme, avaient été interdites.