Pour cet anniversaire, l'Observatoire organise mercredi et jeudi des colloques ouverts au public (renseignements sur le site 350ans.obspm.fr).

- Les lunes de Saturne -

Avant la création de l'Observatoire de Paris (1667), Saturne avait une lune et un anneau. Mais dès 1671, alors que l'Observatoire est encore en travaux, son tout premier directeur, l'astronome italien Jean-Dominique Cassini, découvre l'existence de quatre satellites supplémentaires autour de la planète : Japet puis Rhéa, Thétis, Dioné. 

Puis l'astronome observe que l'anneau de Saturne n'est pas d'une seule pièce mais composé de plusieurs anneaux séparés par un vide (espace encore appelé "la division de Cassini").

A l'origine de ces observations: l'utilisation d'une grande focale qui a révolutionné l'astronomie. "Les astronomes mettaient une lentille sur le toit de l'observatoire qu'ils pointaient dans la bonne direction, ils descendaient sur la pelouse et cherchaient à se placer au foyer de la lentille avec un oculaire", explique à l'AFP Claude Catala, président de l'Observatoire de Paris.

Trois cent cinquante après, Cassini explore toujours Saturne! En orbite autour de Saturne, la sonde américaine qui porte son nom traverse en ce moment ses anneaux pour y effectuer des prélèvements.

- La mesure de la vitesse de la lumière -

L'astronome danois Olaus Rømer a découvert en 1676 que le temps que mettait la lumière pour nous arriver de Jupiter dépendait de la distance Jupiter/Terre, et donc que la vitesse de la lumière n'est pas sans limite. "Une révolution de la physique extrêmement importante", explique Claude Catala.

Deux cents ans ans plus tard, toujours à l'Observatoire, Léon Foucault et Hippolyte Fizeau établissent la vitesse de la lumière à 298.500 km/s, très proche de la valeur définie aujourd'hui (299.782,458 km/s).

La détection récente des premières ondes gravitationnelles est un prolongement lointain de la mesure de la vitesse de la lumière.

- La découverte de Neptune - 

En observant Uranus, des astronomes se sont rendus compte que son orbite était perturbée par un autre corps. Par le calcul, le français Urbain Le Verrier prédit, en 1846, quel objet pouvait avoir cet effet sur Uranus et où il pouvait se trouver. L'Allemand Johann Galle pointe alors son télescope dans cette direction et trouve immédiatement Neptune.

C'était la première fois qu'on découvrait une planète en définissant sa position par calcul mais peut-être pas la dernière: l'année dernière deux chercheurs américains ont annoncé qu'une neuvième planète pourrait se trouver dans la partie la plus éloignée du système solaire. 

- Un 'simulateur d'éclipse' -

Au début du XXe siècle, on ne pouvait observer le soleil qu'au moment des éclipses, quand on était moins ébloui.

Bernard Lyot invente en 1930 le coronographe. "Il a eu une idée géniale, il a inventé un instrument qui fabrique une éclipse artificielle, une pastille masquant l'image du soleil dans la pupille". Il a pu, à partir de là, observer la couronne du soleil, les éruptions, les éjections, les protubérances...

Près d'un siècle plus tard, les astronomes utilisent toujours une version moderne de la coronographie pour rechercher des exoplanètes autour des étoiles. "On a trouvé une demi-douzaine d'exoplanètes de cette manière-là", explique Claude Catala. 

- Des télescopes révolutionnaires

Pierre Léna, de l'Observatoire de Paris, et son équipe sont à l'origine de l'optique adaptative qui depuis 1993 permet aux astronomes de s'affranchir de la quasi-totalité des effets de flou causés par l'atmosphère et d'obtenir des images dotées d'une très grande résolution. L'astronome est également l'un des artisans d'une technique appelée interférométrie qui consiste à combiner les informations obtenues par de multiples télescopes pour en créer un géant.

Depuis l'année dernière, le télescope Gravity, qui combine ces deux innovations, scrute le centre de la Voie Lactée pour y débusquer Sagittaire A*, le trou noir de notre galaxie.