Trois mois après sa présentation, le Plan climat de Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique et solidaire, fait déjà des déçus. Les grandes annonces qu'il contient, parmi lesquelles la résorption d'ici à dix ans d'environ 7,4 millions de logements aux coûts de chauffage exorbitants, posent « un problème de pilotage au sein du gouvernement », ont regretté ce jeudi les promoteurs de Rénovons !.

C'est le nom de l'initiative commune lancée par plusieurs acteurs du secteur social, humanitaire (Fondation Abbé Pierre et Secours catholique), environnemental (CLER, Réseau Action Climat), mais aussi industriel (groupes Effy et Schneider Electric) pour venir à bout des « passoires énergétiques ». Une « urgence sociale, environnementale et économique », selon eux.

Les animateurs de cette initiative s'impatientent de ne pas voir poindre la feuille de route, qui devait tomber en septembre, pour tenir l'objectif du candidat Macron de rénover 1 million de « passoires énergétiques » en cinq ans. « Aucune mesure proposée aujourd'hui n'apporte de piste concrète pour l'atteindre », déplorent-ils.

Les dispositions prévues dans le projet de budget (prime « coup de pouce » pour les ménages précaires, prorogation et recentrage du crédit d'impôt pour la transition énergétique, etc.) sont jugées insuffisantes. Quant au grand plan d'investissement du gouvernement (9 milliards d'euros dans l'efficacité énergétique des logements des ménages modestes et des bâtiments publics), le plus dur resterait à faire : « définir

Au final, rien qui ressemble au « plan de rénovation ambitieux » réclamé, notamment, par Audrey Pulvar, la présidente de la Fondation pour la nature et l'homme (FNH, ex-Fondation Nicolas Hulot) qui s'est jointe à cette initiative. « Ce plan assurerait à l'Etat 1,06 euro de bénéfice net pour chaque euro investi grâce aux recettes fiscales générées par les emplois créés et à la réduction des dépenses de santé », indique-t-elle.

« La rénovation énergétique représente des centaines de milliers d'emplois et des dizaines de milliards d'euros d'investissement », lui fait écho Gilles Vermot-Desroches, directeur développement durable de Schneider Electric. A entendre les uns et les autres, l'exécutif n'a donc aucun intérêt à attendre pour s'atteler au dossier des 2,6 millions de ménages modestes écrasés par leur facture de chauffage.

« Des aides concrètes et facilement accessibles doivent être mises en place », alerte Christophe Robert, le délégué général de la Fondation Abbé Pierre. L'initiative Rénovons !, parmi les 10 propositions qu'elle a présentées jeudi, préconise de moduler le niveau de subvention en fonction des revenus du ménage.

Il faut également « mettre en oeuvre un système permettant le préfinancement des frais de travaux individuels et collectifs, garanti par l'Etat, pour les plus modestes », est-il stipulé dans leur « manifeste ». Dernière revendication marquante, le