Tout va très vite dans l'univers des start-up. Que retenir des pratiques de ces entreprises du Web qui connaissent souvent des ascensions fulgurantes ? Adrien Tsagliotis est allé à leur rencontre. Décryptage.

Bonjour Adrien, tu viens de publier un livre sur les start-up, qu'est-ce qui t'a motivé ?

Cela va faire un peu plus de quatre ans que j'écris pour le compte du JDN (Journal du Net) où je couvre principalement l'actualité liée aux start-up US. Après plusieurs années passées à interviewer des dirigeants et fondateurs de start-up, j'ai décidé de rassembler ces anecdotes dans un livre pour donner des idées aux entrepreneurs, qu'ils évoluent ou non dans le secteur du Web.

Selon toi, les start-up d'aujourd'hui peuvent-elles réussir sans investissements conséquents en communication ?

En réalité, beaucoup de start-up se font d'abord connaître grâce au bouche-à-oreille. C'est par exemple le cas d'Uber qui a d'abord séduit les early-adopters du milieu technologique de San Francisco. Pour favoriser et développer cet effet de bouche-à-oreille, certaines start-up ont mis en place des mécanismes de rétribution. C'est ce que fait Airbnb en vous offrant des crédits voyage dès que vous invitez l'un de vos amis à rejoindre le service, ou Drobpox en vous donnant accès à davantage d'espace de stockage. D'une manière générale, il est tout à fait possible de communiquer à moindre coût en faisant preuve d'un peu imagination.

Peux-tu nous donner quelques exemples ?

Pour faire parler d'elles, certaines start-up n'hésitent pas à surfer sur l'actualité. C'est par exemple ce qu'a fait le site de vêtements de grossesse Envie de fraises à l'époque où circulaient des rumeurs autour de la grossesse de Carla Bruni-Sarkozy. La start-up a alors l'idée de faire paraître un encart publicitaire avec pour message « Alors Carla, envie de fraises ou pas ?» dans le journal Libération. La publicité a créé le buzz et a même été reprise dans plusieurs autres médias.
Même démarche pour Blablacar qui a su profiter d'une grève de la SCNF pour informer les journalistes sur son activité. Le site de covoiturage leur a envoyé un communiqué en se présentant comme une alternative pour ceux qui ne pouvaient pas se déplacer à cause de la grève.

Dans ton livre, tu parles également de l'importance d'entretenir une relation de proximité avec ses clients. En quoi est-ce important ?

Il s'agit de mieux connaître ses clients pour développer un produit qui répondra réellement à leurs besoins. C'est la démarche qui fut celle de Brian Chesky, fondateur d'Airbnb, lorsqu'il décida de quitter son appartement pour aller dormir uniquement chez ses clients en utilisant son site. C'est aussi celle du fondateur de l'application Frontback qui prend régulièrement des cafés avec les membres de sa communauté. Entretenir ce type de relations privilégiées avec ses utilisateurs est un excellent moyen pour obtenir du feedback.

Quels sont les applications ou secteurs qui t'intéressent le plus ?

Je suis un fervent utilisateur d'Airbnb, un site qui a véritablement modifié ma manière de voyager. Plus généralement, je m'intéresse beaucoup à l'Economie collaborative. Les jeunes d'aujourd'hui accordent de moins en moins d'importance à la notion de propriété. Ils sont, au contraire, davantage dans le partage et l'échange. Dans ce monde nouveau nos biens sont devenus une monnaie d'échange qui nous donne droit, en retour, à l'usage d'une multitude de biens appartenant à d'autres.

Bio :
Adrien Tsagliotis, journaliste spécialisé dans le secteur des nouvelles technologies au JDN et auteur de “S'inspirer des start-up à succès” (Dunod).