Courir après ses règlements, et même pire,  de ne jamais voir la couleur de son argent est devenu monnaie courante. Redoutés par tous les professionnels, les impayés et retards de paiement peuvent mettre les entreprises dans de graves difficultés. Comment les éviter et savoir les gérer ? Voici quelques pistes.

Professionnaliser sa démarche commerciale

Le premier moyen pour éviter d'avoir à subir des impayés de la part de clients est d'avoir une démarche claire et professionnelle vis-à-vis de ces derniers, c'est-à-dire de nature à les responsabiliser par rapport à leurs engagements et aux conséquences de leur non-respect.
Dans ce cadre, l'entrepreneur doit systématiquement fournir un devis à ses clients, dans lequel il précise, outre la nature et le prix de ses prestations, les délais et les moyens de règlement de celles-ci. Il doit de plus communiquer, avec son devis, ses conditions générales de vente (CGV) dans lesquelles sont indiquées ses modalités en matière de retard et non-paiement (application de pénalités de retard, frais de recouvrement...). Le professionnel doit s'assurer de récupérer lesdits documents signés du client. Les mêmes règles valent également pour la passation de contrats.
Outre la signature d'un devis ou d'un contrat entre professionnel et client, il n'est pas anodin de devoir prendre des précautions supplémentaires. C'est pour cela que bon nombre d'entreprises n'hésitent pas à demander un ou plusieurs acomptes pour démarrer ou poursuivre la réalisation de leurs prestations. Leur montant reste variable (30, 50 voire 100%) et dépend pour beaucoup du secteur d'activité, et du pouvoir de négociation du client et de sa fidélité.
Dans le cas d'un nouveau client, rien n'empêche l'entrepreneur de se renseigner sur celui-ci au préalable pour éviter d'entrer en affaire avec un mauvais payeur.

Anticiper sa trésorerie

Dans la réalité des faits, selon le domaine d'activité de l'entreprise et de la concurrence qui y règne, il est parfois difficile d'imposer ses règles aux clients. De plus, même devis et CVG signés, rien ne garantit que ceux-ci tiendront leurs engagements financiers.
Il demeure du rôle de l'entrepreneur d'anticiper, dans des marges raisonnables et au plus juste, les retards de paiements et les impayés, sans négliger d'estimer le coût et le temps nécessaires pour les recouvrir. De la même façon que le professionnel planifie sa trésorerie selon les périodes de pics d'activités ou le paiement de ses charges, il doit y intégrer ces questions de règlements clients. Cette notion reste une évidence pour pouvoir continuer, malgré ces difficultés, à faire fonctionner son entreprise.

Agir face aux impayés

Une fois les retards de paiement constatés, le professionnel doit alors user de tout un arsenal de méthodes pour recouvrer son dû plus ou moins rapidement. Si certains de ces défauts de règlement proviennent d'un simple oubli, ils sont le plus souvent intentionnels, soit car le client est de mauvaise foi ou connait de réelles difficultés financières, soit qu'il attend lui-même un paiement pour pouvoir payer ses fournisseurs.
Le moyen le plus couramment utilisé consiste à opérer des relances par courrier et par téléphone pour rappeler ses engagements au client et avoir, à défaut de paiement dans les délais, à demander une vision sur la date prochaine de régularisation. Dans les premiers temps, celles-ci associent fermeté et courtoisie pour ne pas nuire à une relation commerciale pérenne. Sans issue positive, elles peuvent s'avérer plus officielles.
De plus en plus d'entrepreneurs ont recours à des sociétés spécialisées dans la relance clients pour s'occuper de cette tâche fastidieuse et délicate. Leur effet est généralement probant, celles-ci n'hésitant pas à réaffirmer avec solennité  les règles qui s'imposent en cas de non-paiements de factures.
Si cette solution échoue, le professionnel doit passer la facture en procédure de contentieux, qui si elle n'aboutit pas conduit l'entreprise à s'asseoir sur son argent ou à intenter une action en justice qui pourra s'avérer tout aussi coûteuse selon les sommes concernées.